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Pourparlers et accords avec les rebelles : Léthargie forcée ou dispense stratégique du temps ?

Pourparlers et accords avec les rebelles : Léthargie forcée ou dispense stratégique du temps ?

Plus d’une année après le go du Processus de paix de Doha, parrainé par l’émirat du Qatar pour résoudre la crise opposant le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) à l’AFC/M23, la mise en œuvre des principaux engagements demeure largement en deçà des attentes. Selon le rapport d’évaluation de la mise en œuvre des engagements du dit processus couvrant la période de juillet 2025 à août 2026, préparé par le Baromètre des Accords de Paix en Afrique et dont la publication est prévue le 14 septembre 2026, le taux global de mise en œuvre est estimé à 18,6 %, soit 65 points sur 350.

Ce premier rapport détaillé, à l’évaluation de l’exécution de ce processus, relève que les fondements institutionnels et diplomatiques, établis depuis juillet 2025, tardent en concrétisation.

Il s’agit particulièrement des trois instruments adoptés dont :

  1. Le Mécanisme de libération des détenus du 14 septembre 2025,
  2. Le Mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu du 14 octobre 2025, et
  3. L’Accord-cadre de Doha pour un accord de paix global du 15 novembre 2025.

Le Mécanisme de libération des détenus a enregistré un score cumulé de mise en œuvre de 25 %, soit 17,5 points sur 70 ; en tenant compte des 477 détenus identifiés par les parties, le taux d’exécution n’est que de 3,1 %, avec seulement 15 détenus libérés.

Le Mécanisme de supervision et de vérification du cessez-le-feu a connu un score de 17,3 %, soit 22,5 points sur 130 parce que l’opérationnalisation de l’EJVM+ a été marqué par des complications liées à la désignation des représentants, à la finalisation des procédures, à l’identification des sites de vérification et au déploiement des équipes.

La première mission de terrain de l’EJVM+ à Minembwe, le 24 août 2026, une deuxième mission prévue à Masisi n’a pu être menée comme prévu en raison de ressources financières insuffisantes.

Quant au troisième instrument, l’Accord-cadre de Doha pour un Accord de paix global, il n’a atteint que 16,7 %, soit 25 points sur 150. Uniquement 2 sur les 8 protocoles prévus ont été conclus séparément et intégrés à l’Accord-cadre, tandis que les six autres seraient encore en cours de négociation durant la période couverte par l’évaluation.

Conclusions.

Il s’avère que la méfiance entre les parties et la poursuite des hostilités sur le terrain constituent les principaux défis et écueils à vider pour espérer aboutir tout le processus. De nombreux facteurs entravent la mise en œuvre des engagements. L’implication du Rwanda serait, en réalité, le plus difficile d’entre tous les écueils car, c’est en fait Paul Kagame qui dicte les décisions et positions des rebelles soutenus par l’armée patriotique Rwandaise, APR. Cette influence du président rwandais n’offre aucune garantie ni chance à ce processus d’autant que l’ambition du Rwanda tient à prendre une part active dans la souveraineté de la RDC comme il en a été question depuis la chute de Mobutu.

Un autre fait tient à l’absence d’une bonne coordination entre les processus de paix de Doha et de Washington. Il convient de relancer et renforcer l’engagement diplomatique à travers les consultations de Montreux d’avril et d’août 2026, la libération et le transfert des 15 premiers détenus. L’engagement personnel des États-Unis avec le soutien de l’Union africaine, du Qatar, du Togo, de la Suisse, de la CIRGL et de la MONUSCO, permettraient de mettre un peu plus de pression, voire appliquer la coercition, sur les protagonistes et, c’est nécessaire.

Olympus médias RDC. La rédaction.

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