Tensions entre Israël et la CPI.
Une véritable guerre de l’ombre est engagée par Israël contre la CPI, cela, depuis plus d’une dizaine d’années. Des sources diplomatiques révèlent que l’Etat hébreu, en coulisses, s’évertue de dissuader la Cour pénale internationale de poursuivre ses dirigeants. Des pressions, des écoutes téléphoniques, des intimidations jusqu’à même des menaces physiques pour empêcher que ses dirigeants ne se retrouvent dans la cible de la Cour pénale internationale (CPI).

Une enquête du quotidien britannique « The Guardian » rapporté que les Israéliens ont probablement ralenti l’action des magistrats saisis du dossier des crimes commis par
Israël dans les territoires occupés depuis 2015.
Ces actions clandestines ont échoué à contraindre la CPI de se pencher sur le conflit en cours à Gaza.
Le 20 mai dernier, le procureur Karim Khan a demandé aux juges d’émettre des mandats d’arrêt contre le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, et son ministre de la défense, Yoav Gallant, pour crimes contre l’humanité et crimes de guerre.
Des mesures similaires, pour les mêmes motifs, ont été requises pour trois dirigeants du Hamas, dont Yahya Sinouar, le cerveau de l’attaque du 7 octobre 2023.
Israël aurait essayé de fléchir Karim Khan de passer à l’action, en utilisant tous les leviers possibles, « jusqu’aux menaces personnelles.

Ces manœuvres ont incité le procureur Khan à publier un inhabituel communiqué de protestation, début mai, dans lequel il rappelle que l’entrave au travail de la CPI est passible de cinq ans de prison.
Cette méthode déjà utilisée contre l’ancienne procureure, Fatou Bensouda, Avait été exercé. » Des gens venaient aux alentours de sa maison, prenaient des photos ».
Dès les premières visites de l’Autorité palestinienne à la Cour pénale internationale en 2009, les responsables politiques et militaires israéliens s’étaient inquiétés d’éventuelles poursuites contre leur pays, surtout lorsque la Palestine avait obtenu son adhésion à la CPI en avril 2015.
Selon le quotidien britannique, Yossi Cohen, ex-chef du Mossad de 2016 à 2021 et intime de Benyamin Nétanyahou, « a personnellement dirigé » cette opération.
Menace implicite.
Ce dernier aurait rencontré la procureure une première fois, lors du Forum annuel sur la sécurité de Munich, en 2017, une réunion stratégique à laquelle participent toujours les procureurs.
» Là-bas! Beaucoup de choses se passent dans les couloirs « , confirme un ancien fonctionnaire de la Cour pénale internationale.
L’année suivante, il se serait présenté dans la chambre d’hôtel de la procureure à New York, sans avoir été annoncé au préalable.
Selon le Guardian, le maître espion israélien aurait montré à la procureure une photo d’elle prise lors d’un voyage à Londres avec son mari. Une source précise au Monde que Mme Bensouda aurait aussi été photographiée lors d’un déplacement privé. La CPI n’intervient qu’en dernier recours, dans le cas où un Etat ne peut, ou ne veut pas, poursuivre des auteurs présumés de crimes de guerre.

« Il y avait des échanges réguliers entre le bureau du procureur et le cabinet du premier ministre.
Ils essayaient de démontrer que la Cour n’avait pas de raisons d’intervenir, qu’ils menaient eux-mêmes les enquêtes avec leurs propres services », souligne un ancien membre du bureau du procureur.
Malgré ces pressions, le 20 décembre 2019, Fatou Bensouda avait annoncé son intention d’ouvrir une
enquête sur les crimes commis par Israël à l’encontre des Palestiniens.
Ceux des magistrats qui étaient menacés ou intimidés pouvaient recevoir,par exemple, une photo d’eux en bonne compagnie. Plus grave, le maître espion israélien,
Yossi Cohen, aurait implicitement été jusqu’à menacer la procureure, en ces termes :
« Vous devriez nous aider et nous
laisser prendre soin de vous. Vous
ne voulez pas vous engager dans
des choses qui pourraient compro
mettre votre sécurité ou celle de
votre famille », lui aurait-il dit.
Excédée, en 2016, Fatou Bensouda informera les Etats membres de la Cour sur ces embarras.
L’offensive israélienne a culminé en 2021,
lorsque six ONG palestiniennes en contact avec la Cour étaient décrétées « terroristes ».
Condensé de la presse internationale.
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