RDC : Pourquoi encore une nouvelle compagnie après des échecs successifs ?
Aviation civile.
RDC : Pourquoi encore une nouvelle compagnie après des échecs successifs ?
On ne compte plus le nombre des compagnies aériennes qui ont vues le jour en république démocratique du Congo.

Toutes ont un trait commun : La faillite prématurée. C’est à croire que les congolais n’ont pas la veine dans le secteur de l’aviation civile ! Depuis la première et prestigieuse compagnie, au lendemain de l’indépendance, Air Congo, il y a eu tellement des compagnies aériennes qui n’ont plus, aujourd’hui, que les souvenirs d’avoir existées.

Leurs vestiges sont incarnés par de milliers de pauvres employés abandonnés sans aucun fonds de retraite, réduits à un chômage forcé et dans l’attente d’une solution pour des arriérés qui remontent à des années.

L’enthousiasme qui aurait pu accueillir la nouvelle du gouvernement national, via le Vice-premier ministre, ministre des transports, voies de communication et désenclavement, Jean-Pierre Bemba, de l’énième création d’une autre compagnie aérienne congolaise, n’a pas eu lieu parce que, tout simplement, l’opinion n’y croit plus et ne croit pas qu’il soit possible d’entretenir une flotille d’avions publics et privés au pays.

Les exemples d’échecs sont très illustratifs et suffisent d’appuyer l’appréhension selon laquelle la RDC n’est pas capable de gérer une seule compagnie aérienne.

Si le Vice-premier ministre en charge des Transports, Jean-Pierre Bemba, l’a annoncé, au cours du Conseil des ministres tenu vendredi 20 septembre dernier, personne n’y prête l’attention qui se mérite pour plusieurs raisons liées au déficit managérial congolais dans ce secteur où l’amateurisme n’est pas autorisé. Et dire que nous avons l’expertise valable avec l’ISTA.

« Air Congo », c’est ainsi que la nouvelle compagnie aérienne a été baptisé. Cela résonne comme l’intention de ressusciter le mythe de la première compagnie aérienne de notre histoire, fameuse compagnie d’aviation civile qui mourut de la même manière qu’est mort toutes celles qui sont nées après sa faillite: Air Zaïre, Lignes Aériennes congolaises( LAC), Wimbi Dira Airways, Hewa Bora, Flycongo, Congo Airways,…qui sont toutes encore en un éternel processus de liquidation judiciaire.


Ce qui représente le calvaire de tous ceux qui y faisaient carrière.
Quelles leçons doit-on tirer de ces compagnies aériennes qui sont toutes mortes de la même façon et constituent, depuis des années, des véritables contentieux inachevés pour la république envers tous les milliers d’employés congolais abandonnés au triste sort du chômage, des arriérés de salaires impayés, d’absence de retraite honorable ?

Pourquoi monter une autre entreprise pendant que Congo Airways existe est n’a plus d’avions ?!
Faut-il s’aventurer encore dans ce secteur sans avoir maîtrisé les impératifs de ce type de gouvernance ?

Ça fait mal de savoir que des nombreux congolais et congolaises réclament encore aujourd’hui, ce que l’État leur doit à titre d’arriérés impayés et de retraite pour avoir été engagés dans les différentes sociétés d’aviation civile mal gérées.

Même que le Vice-premier ministre, ministre des transports en sait quelque chose pour avoir été, dans le privé, à la tête d’une compagnie aérienne, Scibe Zaïre qui a périclité faute d’une bonne gestion.

Évitons le prestige et les fanfaronnades.
La vérité crue est là. Cette nouvelle compagnie aérienne ne vivra pas plus longtemps que ses précédentes si l’on y applique les modes de gestion identiques.

En attendant le vol inaugural de la nouvelle compagnie Air Congo, prévue pour le 1er décembre de cette année, il convient que le gouvernement saisisse l’occasion de revoir les options managériales du pays sinon, on peut commencer à faire le deuil.

Pourquoi, par exemple, vu que les parts sociales de cette entreprise sont à répartir entre la RDC et un groupe éthiopien, ne pas recourir à l’expertise éthiopienne qui a démontrée une réelle efficacité avec sa compagnie Ethiopian Airlines. Agir sur un partenariat qui offre aux Ethiopiens un peu plus de pouvoir dans la gestion administrative et technique, le temps que les congolais en retirent des leçons ? Il n’y a pas de honte à le reconnaître ni de l’orgueil à se recouvrir pour l’intérêt salutaire général.

Nous avons appris, comme l’a indiqué le ministre de la communication et médias, porte-parole du Gouvernement, dans le compte-rendu de la dernière réunion du 20 septembre 2024, que la RDC posséderait 49% et le groupe éthiopien 51% des parts sociales comme actionnaires partenaires.
40 millions de dollars auraient déjà été débloqué, côté congolais, pour l’acquisition d’au moins 7 avions.

Autre remarque. Il ne faut pas que la venue d’Air Congo constitue la mise à mort indirecte et officielle de Congo Airways qui fait face à un moratoire de 80 jours au risque de se voir retirer sa licence d’exploitation et son certificat de transporteur aérien ? Si c’est le cas, Excellence Monsieur le vice-premier ministre, ministre des transports, voies de communication et désenclavement, vous aurez malencontreusement déshabillé saint Pierre pour rhabiller saint Paul.

Pour ne pas dire que c’est un tonneau de Danaé que cette énième compagnie d’aviation civile. Pire, ceci pourrait être taxé d’une esbroufe de plus du gouvernement pour se débarrasser d’une entreprise détruite par l’incompétence des congolais.


Soyons sérieux et mettons-nous réellement au travail !
Prière de nous épargner des initiatives pour des courtes joies là où l’on peut pérenniser les actions et les traces.
La rédaction.
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