Report sine die des élections du bureau définitif de l’Assemblée Nationale, où est le sérieux ?
Pour un coup de théâtre, une fois de plus, l’opinion publique vit le spectacle désolant d’une classe politique congolaise en-dessous de ses véritables responsabilités nationales. Où est le sérieux ?
Retarder une étape importante pour la marche des institutions dans un pays en proie à des milliers de difficultés pour juste régler des conflits d’intérêts internes à un camp politique ! En tout cas, c’est faire preuve d’une inconsciente face à la réalité nationale qui se dégrade de jour en jour. Alors qu’il convient de vite se reprendre pour attaquer les urgences sectorielles, les politiques bloquent tout.

Pour quelles raisons peut-on éterniser la publication d’un gouvernement dans un pays en guerre et en prise à de multiples crises sociales ?
Faut-il nécessairement, pour former une équipe des ministres, les prendre que dans les partis politiques des alliés au pouvoir même lorsque certaines expertises avérées relèvent des personnes sans aucune appartenance partisane politique
Doit-on gérer pour le plaisir d’une classe politique ou pour l’intérêt du peuple souverain qui représente l’intérêt supérieur de la nation ?
Le peuple congolais est plus que fatigué par ces inconstances politiciennes qui dénotent d’une classe politique pas au niveau des attentes de ce peuple lequel, lentement, va totalement, se désolidariser des institutions réputées régaliennes et se confier aux dérives semblables à celles qui ont éclatées en Haïti, en Nouvelle Calédonie et partout où les gouvernements ont échoué de prouver leur capacité à générer une confiance.
Où est le sérieux ?
Pourquoi publier un calendrier électoral pour l’installation d’une institution aussi centrale sans qu’il y ait eu, en toute évidence, des concertations au plus haut niveau ?

On comprend que la dernière réunion du chef de l’état avec plus de 402 élus et les chefs des regroupements de l’ Union Sacrée de la Nation, sa plateforme électorale, sous la tente de la cité de l’Union Africaine, le 18 mai 2024, a changé brusquement la donne et provoqué l’arrêt de tout un programme officiel annoncé en grande pompe et déjà en branle ! Cela dénote d’un manque de respect terrible au peuple qui sait que l’installation de ce bureau définitif de l’Assemblée Nationale devait déverrouiller beaucoup de contraintes et d’expérimenter la première femme première ministre de l’histoire de notre pays.
Tout ce temps perdu nuit à tout l’espoir que l’on lui confère et risque d’entacher, par la suite, à sa réputation dans le temps.
Que les concernés reprennent conscience et un peu plus de dignité !
Il existe des affaires privées, des affaires internes, des affaires publiques, des affaires d’État, des affaires étrangères, des affaires nationales,qui se traitent toutes selon des protocoles respectifs. En RDC, on y est pas encore! On mélange les genres et les sortes et, ce sont le petit peuple et les vrais patriotes qui paient cher toutes ces insuffisances de management politique, cette carence de leadership consommé, cette pauvreté de lucidité pure et simple face à l’impérieuse importance du respect de la gestion de la chose publique, seul objectif réel des gouvernants, sinon les gouvernés perdront confiance.
Guy ILUNGA KABAMBA
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