Perspectives économiques en République Démocratique du CongoDéveloppements macroéconomiques récents
Finances et économie.
Quelle est la situation economique actuelle de la RDC ?Situation économique. Après avoir atteint un pic de 8,9 % en 2022, la croissance du PIB réel en RDC est restée robuste à 7,8 % en 2023, soutenue par un secteur minier dynamique, qui a progressé de 15,4 % contribuant à environ 70 % de la croissance globale en 2023.

L’activité économique est restée soutenue en 2022 avec un taux de croissance estimé à 8,5 % contre 6,2 % en 2021. Cette performance s’explique par le dynamisme de l’industrie extractive (+20,8 %) et la relance du secteur non extractif (+3,2 %) tirée par les services, malgré la détérioration de la situation sécuritaire dans l’est du pays. Au niveau de la demande, cette croissance économique est portée par des exportations (+23,8 %) et investissements (+18,6 %) soutenus, réalisés dans un contexte marqué par la crise énergétique mondiale. L’inflation est élevée (9,1 %) du fait des prix alimentaires et énergétiques importés.

Le déficit budgétaire s’est accru de 2,8 % du PIB en 2022 contre 0,9 % en 2021 en raison des dépenses exceptionnelles (sécurité, élections) et malgré la hausse exceptionnelle des recettes et dons qui ont atteint 17,2 % du PIB contre 13,7 % du PIB en 2021. Le risque de surendettement du pays reste modéré malgré l’augmentation d’un point de pourcentage de la dette publique entre 2021 et 2022 (24,7 % du PIB). Afin de mobiliser l’épargne locale et financer l’économie, la BAD accompagne la RDC dans le développement du marché financier et des obligations en monnaie locale. La Banque centrale du Congo (BCC) soutient cette initiative, qui est compatible avec ses objectifs de politique monétaire. Malgré la hausse du taux directeur, passé de 7,50 % en janvier à 8,25 % en novembre 2022, le crédit au secteur privé a plus que doublé, de 17,8 % en 2021 à 39,6 % en 2022, en raison de la dynamique économique. Les réserves internationales ont aussi augmenté de 43 % pour couvrir 7,8 semaines d’importations en 2022, grâce à la hausse des exportations minières. Le déficit du compte courant s’est toutefois détérioré de 1,0 % du PIB en 2021 à 6,4 % en 2022. La pauvreté monétaire est estimée à 56,2 % en 2020.Perspectives et risquesLes perspectives économiques de la RDC restent bonnes, avec des projections de taux de croissance de 8,0 % en 2023 et 7,2 % en 2024, tirées par le secteur extractif d’au moins 12 % en moyenne entre 2023–2024. Les investissements prioritaires du programme de transformation agricole pourraient renforcer cette croissance économique. L’inflation devrait monter à 13,2 % en 2023 et descendre à 6,5 % en 2024, pour passer sous la cible de 7 % de la BCC. Afin de lutter contre cette inflation, la BCC pourrait appliquer une politique restrictive en 2023. Le déficit budgétaire devrait baisser à 2,6 % du PIB en 2023 et 2,2 % en 2024, et le taux d’endettement moyen se stabiliser à 24,1 % du PIB entre 2023 et 2024.

Le compte courant devrait enregistrer un déficit de 4,0 % du PIB en moyenne entre 2023–2024. Alors que le secteur extractif a le potentiel de booster les financements climatiques, les réserves de change pourraient atteindre 6,350 millions USD en moyenne sur 2023–2024, soit un taux de couverture de 9,3 semaines d’importations. Les risques qui menacent ces perspectives concernent les incertitudes liées à l’invasion de l’Ukraine par la Russie1, la chute des cours des matières premières, l’inflation élevée et l’insécurité à l’est du pays.Changement climatique et options de politiques publiquesLe secteur privé a faiblement contribué (1,89 %) au financement climatique (424 millions USD) de la RDC entre 2019 et 2020. Ce financement global est affecté aux infrastructures (24 %) et à l’agriculture (13 %) et a profité à l’adaptation (66 %), l’atténuation (25 %) et à divers objectifs (9 %). Le Plan national d’adaptation aux changements climatiques (2022–2026) prévoit le développement de partenariats public-privé pour mobiliser des financements privés. L’expérience de WWF-RDC sur le marché du carbone, qui avait rapporté 1,3 million USD à la province du Nord-Kivu, est imparfaite. Selon les contributions déterminées au niveau national, le coût des mesures d’adaptation et d’atténuation retenues est de 48 680 millions USD jusqu’en 2030 alors que les recettes de l’État sont insuffisantes (11 647 millions USD en 2022). Pour soutenir la croissance verte, les besoins de financement sont estimés au total à 65 994 millions USD entre 2021–2030, soit environ 6 999 millions USD annuellement. Le déficit annuel du financement climatique de la RDC s’élève à 6 241 millions USD par an entre 2021 et 2030. Le secteur minier, qui domine l’économie congolaise (98,9 % des exportations), a le potentiel de financer ce déficit. La bonne gouvernance est prioritaire pour que l’exploitation du capital naturel (bois, cuivre, cobalt, pétrole, gaz, ressources hydrologiques, etc.) remplisse les fonctions écologiques, économiques, sociales et culturelles. Le rapport sur la richesse des nations 2021 a montré que ce capital par habitant en RDC a baissé de plus de 5 % entre 1995 et 2018. La BAD a mobilisé un projet multinational de financement climatique de 2 millions USD.
Olympus médias RDC.( Condensé Jeune Afrique « économie » et presse internationale)
Share this content:



Laisser un commentaire