In mémoriam: les massacres de Lovanium, 4 juin 1969- 4 juin 2024, 55 ans après
Qu’en reste-t-il ?!
Il n’en reste rien du tout !
Les congolais ont plus à se souvenir qu’il faut boire, manger et bien s’habiller avant tout. Le reste n’est rien.
Et pourtant, l’histoire, elle, ne s’oublie jamais parce qu’elle ne dépend que de sa propre mémoire dans le temps qui est capable de se régénérer indépendamment de la conscience des hommes.
4 juin 1969?
Il s’agit ici des massacres des étudiants de l’Université de Lovanium ( actuelle Université de Kinshasa). Pour ceux qui s’en souviennent, un certain 4 juin 1969, soit 5 ans après la prise violente de pouvoir par le tout jeune Joseph-désiré Mobutu, il y eût des actes sombres perpétrés pour asseoir un pouvoir acquis par la force. Ce fut un épisode poignant, une date sombre des annales académiques locales que l’on a tendance, passez-nous l’expression qui convient, à oblitérer dans la conscience collective. Pour ceux qui s’en souviennent, des étudiants congolais s’étaient décidés de protester, mécontents des abus et de la dérive dictatoriale en croissance dans le chef du nouveau leadership militaro-politique dit Mobutisme, idéologie soutenue par un groupe de politiciens dits » Le groupe de Binza », caste et club des politiciens liés qui siégeaient dans ce quartier autrefois interdits à n’importe qui, qui soit étranger à cette élite dite » des évolués » qui l’avaient monopolisé et cloisonné pour y loger uniquement avec leurs familles et dauphins.

Ils avaient prévu de régner, sur le Zaïre, pour des siècles et des siècles. (Se seko)!
La mémoire s’est effacée de ce sacrifice consenti par les premiers universitaires congolais de Lovanium contre un mauvais élan de mauvaise gouvernance politique de l’époque dont les stigmates et méfaits se sentent, à 100% actuellement.
Mobutu et ses alliés, les tous puissants Justin-marie Bomboko, Victor Nendaka Kabika, Mandungu Bulanyati, … allaient décider une vraie purge des cités universitaires.
Aujourd’hui, que fait-on pour se remémorer de ces premiers Martyrs académiques ?
Rien !
Ils sont tous simplement oubliés !
Quelques exemples du genre, dans d’autres pays, demeurent dans la mémoire universelle comme les bases d’une démocratie fondamentale: la révolte des étudiants français contre le général Charles De Gaulle en mai 1968, les manifestations des étudiants chinois contre le pouvoir communiste sur la place Tien amen, pour n’illustrer que ces deux événements-phares pour le monde moderne. Qui n’en parle pas ?
On célèbre chaque année ces tristes mais instructifs dommages dans les milieux estudiantins. Qu’en est-il des étudiants congolais de Lovanium? Les premiers héros de la résistance contre la dictature, les ancêtres de » Lititi Mboka », les doyens de cet esprit rebelle reconnu aux maquisards des homes !

Il n’en est plus rien, dans les souvenirs répandus, comme de la révolte des Batetelas, de la mutinerie de Coquilhatville, du bûcher de Kimpa Vita immolée vive, du sacrifice de Tshiyamba, du royaume d’Ilunga Mbidi Kiluye, Tambw’A Tubongé, de la résistance de Mwenda M’siri, du génie colonial de Panda Farnana, de l’intelligence de l’abbé Stéphane Kaozi, bref, des marques essentielles de l’humanité exclusivement congolaise? Plus rien de notre patrimoine culturel et historique ne survit et n’a réellement survécu comme il se doit !
Seuls des Isidore N’Daywel, Elikia Mbokolo, Kâ-Mana, et aujourd’hui, Didier Mumengi, luttent,dans une jungle d’ignorance, une Babelique d’inculturation, pour redorer l’histoire.
4 juin 1969 – 4 juin 2024, voilà exactement 55 ans que furent massacrés ceux qui ont été parmi les pionniers de l’univers académique congolais post-independance, les uns tués( officiellement 20), les autres jugés, envoyés au service militaire, emprisonnés par le régime sanguinaire naissant du Mobutisme et alliés C’est pour cette raison que l’on dut débaptiser et démembrer Lovanium en plusieurs universités de Kinshasa, de Kisangani, de Lubumbashi,…
Occasion pour nous de rendre hommage à tous ces Lovaniards et Kasapards disparus!
Guy ILUNGA KABAMBA
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