ONU-RDC: Cache-cache diplomatique.
Internationale.
Décidément, on ne s’en sortira jamais dans la région des grands lacs africains. A l’allure des contresens édictés par les résolutions contradictoires du Conseil de sécurité des Nations Unies qui finit par entretenir un flou diplomatique dans les enjeux sur la sécurité régionale entre les pays, rien n’augure la réalisation, dans un proche avenir ou un jour, à une pacification progressive ou rêvée.
Après avoir reconnu que la RDC est en proie à une vague des massacres et tueries perpétrés par des groupes armés et une agression du M23, instrumentalisé par des pays voisins bien identifiés, dont plus particulièrement le Rwanda, la dernière décision ferme, le mardi 27 juin dernier, du Conseil de sécurité des Nations Unies qui est celle de reconduire, à l’unanimité, le régime de sanctions contre la RDC, jusqu’au 1er juillet 2025, et de proroger le mandat du Groupe d’experts chargé d’assister le Comité des sanctions jusqu’au 1er août 2025, est d’un paradoxe qui dépasse tout entendement moral, qui dénie toute logique d’équilibre des forces en conflits comme toute objectivité de justice impartiale.

Les pesanteurs qui se cachent derrière cette décision qui bloque toute manoeuvre diplomatique de la RDC, n’est en fait qu’une « condamnation-verdict « de la Machination implacable des pays occidentaux les plus puissants, à savoir : Les Etats Unis d’Amérique et la France, en particulier, pour punir tous ceux qui hésitent entre la rupture ou le rapprochement avec leur ennemi commun actuel, la Russie de Wladimir Poutine.

Cette résolution 2738 (2024) dont le projet était soumis par la France, procède pour l’essentiel à une mise à jour technique de la résolution 2688 (2023) qui avait renouvelé le régime de sanctions et le mandat du Groupe d’experts d’il y a tout juste un an, sur les armes, les transports et les déplacements, ainsi que les mesures financières imposées par la résolution 1807 (2008). Bien que cette mesure ne concerne pas l’obligation de notification du transfert d’armes et de matériel connexe à la RDC qui a été supprimée par la résolution 2667 (2022), c’est presq’un affront, une gifle administrée à la diplomatie congolaise qui n’avait pas et n’a pas, surtout en ce moment des attaques du M23, besoin d’un tel désaveu international qui dénote, quasiment, de la non-reconnaissance du calvaire humanitaire des populations de l’Est de la RDC.
Et lorsqu’on évalue le caractère des sanctions prises, à titre individuel, contre certaines personnes et entités non gouvernementales en RDC, on a tendance à comprendre que les grandes puissances ont bien pire, dans leurs réelles intentions et projections, pour l’avenir des grands lacs africains qui fait peur, en vérité.
Ce qu’il faut saluer, avec un goût amer et une résilience devenue légendaire aux congolais, que la même résolution, dans son introduction qui nuance et rappelle que, de même que l’obligation de notification, l’embargo sur la fourniture de matériel et d’assistance militaires ne s’applique pas aux forces armées ni aux forces de sécurité du Gouvernement de la RDC, comme indiqué par le Conseil de sécurité des Nations Unies dans sa déclaration à la presse du 2 mai dernier. Aussi, par ce jeu d’ordre et de contre-indication, il souligne que, les mesures financières et celles concernant les déplacements s’appliquent aux personnes et entités que le Comité aura désignées, au motif qu’elles se livrent à des actes qui compromettent la paix, la stabilité ou la sécurité de la RDC ou concourent à de tels actes.
C’est à perdre toute sa compréhension naturelle du juste face à l’injuste mais, tout le monde commence à comprendre que, dans la diplomatie des grands intérêts des puissances et du pouvoir hégémonique, la place à l’indulgence et à la raison n’est valable que pour les plus forts.
Guy ILUNGA KABAMBA.
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