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Madame Lysa KAMBAYI, congolaise de la diaspora vivant à Paris en France, travaille dans le paramédical comme aide-soignante

Madame Lysa KAMBAYI, congolaise de la diaspora vivant à Paris en France, travaille dans le paramédical comme aide-soignante

Cuisine et gastronomie.

Madame Lysa KAMBAYI, congolaise de la diaspora vivant à Paris en France, travaille dans le paramédical comme aide-soignante mais, grâce à l’option de l’entrepreneuriat, a ouvert un service de restauration en ligne assez révolutionnaire qui lui apporte satisfaction. Lors de son dernier séjour à Kinshasa, Olympus médias RDC l’a entretenu sur son expérience qu’elle a bien voulu partager.

Interview :

Olympus médias RDC : Bonjour Madame Lysa KAMBAYI.

Lysa KAMBAYI : Bonjour Monsieur le journaliste.

OL. : Comment ça se passe avec vos services dans la restauration à Paris où vivez depuis plus de vingt ans ?

L.K. : Mon restaurant se nomme LYMAS FOOD. C’est un restaurant virtuel. C’est un nouveau concept, la nouvelle tendance en Europe. Aux Etats-Unis, on appelle ça des restaurants fantômes. Comment ça se passe ? Du coup, dans votre téléphone, il y a des sites de plates-formes que vous pouvez télécharger pour commander ce que vous désirez manger ou recevoir chez vous ou à votre bureau. Il y a toutes les spécialités culinaires : Africaines, asiatiques, européennes, … 

C’est par là que l’on peut me joindre. C’est virtuel et pas physique. Je ne livre que des plats à emporter. On ne mange pas sur place.

OL. : Est-ce pareil aux services-traiteurs de la RDC ?

L.K. : Non ! Ce n’est pas pareil pour plusieurs raisons. Ici, l’attente est longue alors que nous, dès que vous commandez en ligne, on vous annonce le timing exact de la livraison. Vous n’attendrez pas comme ici une heure ou deux, voire 3.

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OL. : Est-ce vraiment possible d’avoir tous les plats repris sur le menu de votre offre en Europe et très vite ?

L.K : Oui ! Je fais du bio. Je propose des plats congolais comme le Pondu, le Saka Saka, le poulet, les viandes et mets à la congolaise bref, tout, que je livre dans le délai rapide. 

OL. : Comment la clientèle réagit-elle sur vos plats congolais à Paris ?

L.K. : C’est une clientèle internationale en majorité et congolaise plus particulièrement. J’ai reçu la notification de 9 sur 10 vu que beaucoup de gens aiment mes plats. Vous savez, je m’applique énormément à les soigner avec rigueur. J’ai essayé de goûter, en compagnie de certains de mes proches et amis, des plats ici à Kinshasa. Il y a pas photo ! Par rapport à mes plats, je suis top !

OL. : Quel jugement faites-vous sur les plats de Kinshasa que vous avez visitée ?

L.K. : A Kinshasa, je suis chez moi. J’ai goûté, des légumes surtout, des viandes et, franchement, j’ai pas aimé car, je trouve qu’ici, on ne soigne plus beaucoup la qualité des recettes. Il y a très peu qui se distingue.

OL. : C’est-à-dire ?

L.K. : Il faut faire des plats avec son cœur. Préparer et présenter bien les choses pour accrocher une vraie clientèle. Au fait, le défaut de beaucoup de congolais est dès qu’ils ont du succès, ils négligent ou oublient de continuer d’améliorer leur cuisine. J’ai mangé des Liboké de porc où la viande était trop cuite ! On dirait du poisson. Une fois que tu mets ton doigt dedans : Non ! Non ! C’est tellement… !?

Il faut faire son travail avec du cœur ! Un peu comme si vous cuisinez pour vos propres enfants où votre mari. Il faut avoir cette discipline dans la tête. Ne pas le faire pour uniquement de l’argent mais, pour faire plaisir à tout le monde qui va manger. Eviter la cuisine à la va-vite ! Il faut prendre son temps.

OL. : LYMAS FOOD ?

L.K. : C’est le nom de mon restaurant fantôme en ligne. En France, il y a plusieurs plates-formes. Avant de t’y inscrire, il faut suivre une formation pour obtenir une qualification, un brevet d’hygiène alimentaire reconnue qui conditionne l’inscription. Aussi, il faut avoir le statut d’entrepreneur pour recevoir un numéro d’impôt. J’ai tout respecté. Au début, je faisais le Ntaba que je livrai à mon église et à ma communauté. De bouche à oreille, j’ai convaincu beaucoup. Lentement, je perfectionnai et, en constatant qu’il n’y avait vraiment pas des plats congolais dans les plates formes parisiennes où les plats ouest africains dominaient, on m’a encouragé. Alors, en plus des Ntaba, j’ai ajouté des brochettes, la Chikwangue, les Makayabu et Bitoyo, les sauces et autres spécialités du pays que maintenant plusieurs africains et européens de Paris découvrent et aiment manger.

OL. : S’il vous était demandé de faire profiter aux congolais aux congolais de votre expérience ?

L.K. : Oui ! J’aimerai beaucoup participer à des sessions de formation de tout ça. J’envisageais de développer cette opportunité avec la Direction du Programme Sécurité Alimentaire de l’E.C.C pour l’amélioration de ce travail de la restauration. Et puis, aujourd’hui, le contexte est différent et propice au restaurant fantôme à Kinshasa. Quand j’avais quitté le pays, il n’y avait pas des motards Wewas. En France, avec des motards et des cyclistes engagés par les plates formes, ils assurent la livraison de nos services. Comme il y a maintenant des motards partout à Kinshasa, ce serait une bonne occasion de les utiliser pour ça aussi. Les organiser en entreprise de livraison et, avec internet, pouvoir vite expédier les plats chez les clients n’importe où !  Le temps que tu quittes, comme en Europe, ton travail, vite fait, ta commande te sera livrée là où à la maison !

C’est vraiment une grande opportunité pour instaurer une telle filière de la restauration en ligne à Kinshasa. Ca va créer beaucoup de nouveaux emplois à plusieurs niveaux.

OL. : On vous remercie, madame Lysa KAMBAYI.

L.K. : C’est moi qui suis enchantée. Merci.

Propos recueillis par Guy ILUNGA KABAMBA.

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