×

Joseph Iléo Songo Amba : Les hauts et les bas d’un fin stratège de l’Indépendance du Congo jusqu’à la CNS du Zaïre.

Joseph Iléo Songo Amba : Les hauts et les bas d’un fin stratège de l’Indépendance du Congo jusqu’à la CNS du Zaïre.

GRANDES FIGURES DE L’HISTOIRE POLITIQUE DE LA RDC.

Joseph Ileo Songo Amba, né en 1921 et mort en 1994, à l’âge très respectueux de 73 ans, avait été le second Premier ministre de la République démocratique du Congo, nommé par Joseph Kasa-Vubu pour remplacer Patrice Lumumba.
Ce n’était pas n’importe qui!
A lui tout seul, tous les chapitres douloureux de la naissance du Congo démocratique sont résumés dans son parcours.
Pour la première fois, il fut, déchu comme premier ministre, c’était du 5 septembre jusqu’au 20 septembre 1960, lorsque Joseph-Désiré Mobutu fait un coup d’État et met en place le Conseil des commissaires généraux qui rassembla beaucoup de jeunes universitaires tel qu’Etienne Tshisekedi Wa Mulumba.

1000444413 Joseph Iléo Songo Amba : Les hauts et les bas d'un fin stratège de l'Indépendance du Congo jusqu'à la CNS du Zaïre.


Pour la seconde fois, c’était du 9 février 1961 au 27 juillet 1961, en raison du duel entre le président Joseph Kasa vubu et Patrice Emery Lumumba qui sera révoqué, Joseph Ileo Songo Amba, est nommé pour vivre un mandat difficile. Sa primature, bouclée au Conclave de Lovanium d’août 1961, sera une véritable piste d’obstacles, mais sa longue expérience politique va lui permettre de tirer son épingle du jeu politique périlleux.

Il aura tout vu et subi dès l’accession à l’indépendance alors que la jeune République du Congo roulait à tombeau ouvert, vers une déflagration démentielle, où l’on craignait, comme les Gaulois, que le ciel ne tombe sur la tête des Congolais.
Il saura se tenir à l’écart des violentes tribulations politiques et des règlements de comptes entre politiciens qu’il fréquentait tous sans se mouiller habilement dans leurs multiples conflits.

1000444417 Joseph Iléo Songo Amba : Les hauts et les bas d'un fin stratège de l'Indépendance du Congo jusqu'à la CNS du Zaïre.

Politiquement court-circuité, Joseph Iléo assiste impuissant à l’affirmation progressive du pouvoir de Mobutu jusqu’au coup d’État du 24 novembre 1965. Il occupe plusieurs charges officielles au sein du MPR (Mouvement populaire de la révolution), le parti-unique mobutiste (parti état), et son nom revient à plusieurs reprises dans les arcanes bureaucratiques d’un pays devenu Zaïre en 1971. Mais il n’a aucun pouvoir réel.

Secrètement, comme il le confesse à des proches, Iléo est très critique envers la dictature de Mobutu. D’inspiration socio-démocrate et légaliste, la pensée de Joseph Iléo inspire des dissidents historiques comme Étienne Tshisekedi. Par ailleurs, Iléo reste proche de son ancien compagnon de jeunesse et des lectures, Joseph Malula, archevêque de Kinshasa et voix indomptable de l’opposition à Mobutu durant la dictature.

Avec la fin du parti-unique et l’instauration du multipartisme le 24 mai 1990, Iléo fonde avec Kititwa Tumansi et André Bo-Boliko Lokonga le Parti démocrate et social chrétien (PDSC). La création du PDSC est officialisée en avril 1990 et Joseph Iléo en reste le président et la figure historique jusqu’à sa mort le 19 septembre 1994.

Pour l’essentiel des détails, comment se déroula les enjeux et défis des politiciens après le 24 avril 1990, à l’annonce de la Démocratisation du pouvoir ?

Tout était parti de la date du 14 février 1994 lorsque, à la suite de la conclusion, le même jour, d’un accord entre la Mouvance présidentielle ( dans laquelle le Parti Solidaire Africain, PSA de Iléo avec André Boboliko ) et certains des partis regroupés au sein de l’Union Sacrée de l’Opposition Radicale (U.S.O.R.), le Président Mobutu annonce, dans un message à la nation, la démission du gouvernement de Faustin Birindwa et la dissolution du Parlement ainsi que du Haut Conseil de la République (H.C.R.) qui doivent être regroupés, selon l’accord, au sein du Haut Conseil de la République-Parlement de transition (H.C.R.-P.T.).

Le H.C.R. était un organe de transition mis en place en août 1992 par la Conférence nationale souveraine et qui avait également nommé Premier ministre Etienne Tshisekedi, chef de l’Union pour la démocratie et le progrès social (U.D.P.S.). Mais Étienne Tshisekedi sera écarté par le Président Mobutu, qui avait désigné à son poste Faustin Birindwa ( ancien allié de Tshisekedi et co-fondateur de l’Udps), en mars 1993.
Depuis lors, deux gouvernements cohabitaient dans le pays.
Ce nouvel accord entre le pouvoir et l’opposition résultait de négociations engagées depuis septembre 1993. L’U.D.P.S., quoi qu’appartenant à l’U.S.O.R., refusa de signer cet accord avec la Mouvance présidentielle; Étienne Tshisekedi qualifiant lui-même l’accord de “coup d’État constitutionnel” du Président Mobutu. C’est ainsi que le 19 février, l’U.D.P.S. appela à une journée “ville morte” à Kinshasa en vue de protester contre cet accord. Mais en dépit de la contestation, le H.C.R.-P.T. fut installé ce 23 février, avec comme président, Mgr Laurent Mosengwo (qui était déjà président du H.C.R.). Le H.C.R.-P.T. était composé de 735 membres appelés “Conseillers de la République” (l’équivalent des députés nationaux aujourd’hui). Il sera dissout en mai 1997, à l’arrivée de Laurent-Désiré.

1000444415 Joseph Iléo Songo Amba : Les hauts et les bas d'un fin stratège de l'Indépendance du Congo jusqu'à la CNS du Zaïre.

Leçon magistrale. Politicien de la première heure, Joseph Iléo Songo Amba, saura frayer entre les camps de l’opposition radicale et de la mouvance présidentielle sans perdre tout à fait le peu de sa dignité presque bafouée par des nouveaux turcs qui embrouillaient, grâce aux ficelles de Mobutu et ses lieutenants, le jeu constitutionnel dans cette république qui n’était plus que l’ombre d’elle-même.

Guy ILUNGA KABAMBA.( Condensé des archives).

Share this content:

Laisser un commentaire

You May Have Missed