Enjeux urbains de taille : Comment sauver Kinshasa de sa dégradation?
Enjeux de taille : Comment sauver Kinshasa de sa dégradation?
Kinshasa se détériore de jour en jour et à vue d’œil malgré les nombreux coups de pioche du fulgurant boom immobilier et la réhabilitation relancée du circuit routier.

L’environnement est tellement malsain dans la capitale qui nécessite une sacrée lessive urbaine. Pour ce faire, la gestion des déchets est une priorité qui requiert une véritable expérience dans ce domaine;

ensuite, il serait souhaitable de songer à redessiner la configuration des communes défigurées par la barbarie d’un habitat irrégulier,

et enfin, réinstaurer la discipline et le respect de l’ordre public dans toutes les mentalités sans distinction aucune.

Avant tout cela, il convient que les décideurs congolais prennent le courage de vraies réformes pour sortir cette ville tentaculaire du bourbier dans lequel elle s’enlise.

D’une vraie réforme courageuse pour Kinshasa.
A notre humble avis, l’administration de Kinshasa nécessite une révolution de fond en comble; c’est-à-dire qu’il faut tout changer sur le plan exécutif en commençant par diviser la capitale, qui a 4 districts ( Tshangu, Funa, Lukunga et Mont-Amba), en 4 juridictions autonomes qui seront toutes sous la régulation directe et spéciale du Gouvernement central via le ministère de tutelle qui est celui de l’intérieur.

Pour être plus expressif, un seul gouverneur, même si l’on lui accordait plus de mandats, même s’il était un génie, ne saurait administrer seul cette mégapole. Pour ceci, une déconcentration des pouvoirs exécutifs serait utile pour permettre des actions précises dans une sphère administrative restreinte donc, il convient que chaque district constitue une juridiction semi provinciale avec son propre exécutif pour une administration plus concentrée sur son entité.

En pratique, un gouverneur pour chaque district séparé et indépendant des autres, un peu comme à la façon du Berlin d’après la seconde guerre mondiale géré par 4 puissances étrangères. On devrait élaborer un système fiscal spécial pour la collecte des impôts dans ces 4 juridictions autonomes délimitées par des péages et barrières conçus pour contrôler tous les flux et mouvements humains. Ainsi, pour se déplacer d’un district à un autre, des formalités et restrictions doivent s’imposer.

On croit qu’avec un gouverneur uniquement pour la Tshangu, la Lukunga, la Funa et Mont Amba, les tâches et responsabilités publiques seront mieux définies et gérées.

Cette approche est à développer un peu plus sérieusement avec plusieurs contributions techniques. Passons et revenons aux priorités élémentaires afin de tenter de sauver Kinshasa de sa dégradation !

De la gestion des déchets.
Les opérations successives d’assainissement et collecte des déchets ont montré leurs limites sans parvenir à inverser la tendance montante de l’insalubrité urbaine.

A savoir, jamais l’homme de la rue n’est, de manière conciliante et facile, à l’écoute des mesures publiques pour se ranger à l’ordre! Il faut soit la persuasion, la sensibilisation, la coercition. Ces méthodes doivent être permanentes pour espérer une perennité spontanée comme au Japon où la population est très consciencieuse de la salubrité de son propre environnement. C’est à ce type de comportement qu’il faut contraindre l’attitude de la population kinoise face à toutes les mesures de lutte contre l’insalubrité et pas la simple publicité des slogans.

L’état doit renforcer avec vigueur et rigueur la surveillance civile à plusieurs niveaux de la société. Pour y parvenir, la participation des services communaux professionnalisés est essentielle, voire déterminante. Ce sont eux, les agents communaux qui côtoient les populations au quotidien. Passer outre est une entreprise vouée à l’échec.

Même les policiers ne pourront s’assurer d’une quelconque efficacité sans la collaboration des services communaux. Donc, il est crucial d’établir une synergie entre les deux corps publics, représentant les droits de l’état, pour une gestion commune des quartiers et des rues. Éviter de les opposer sur le terrain.

Pour y parvenir, tenir compte des conditions pratiques et logistiques tout simplement. A deux, ils font la paire idéale pour contrôler tous les mouvements de la cité à la base dans les communes.

Par conditions pratiques, on entend de bonnes motivations liées à leurs rémunérations et primes pour faire germer en eux le sens du devoir juste et reconnu par le Trésor public.

Par conditions logistiques, on invite les pouvoirs publics à standardiser et moderniser leurs outils de service en commençant par la numérisation de toutes les opérations afin que tous les rapports figurent dans une documentation accessible, traçable, transparente et répertoriée. Les sous-commissariats de la police comme les bureaux des agents publics sont mal ou pas équipés et ils puent la misère et le dénuement. Ces locaux n’inspirent qu’un sentiment : La réticence or, c’est le contraire qui est attendu.
Associer des réponses conséquentes à ces préalables rapporterait le renouveau escompté de l’administration à la base des citoyens et citoyennes lambdas.

De redessiner l’urbanisme des communes défigurées par la barbarie d’un habitat irrégulier.
Le plan initial de la capitale rdcongolaise, à l’époque de Léopoldville, n’est plus valide pour les données actuelles face à l’essor démographique actuel. Kinshasa est surpeuplée. Les infrastructures ne suffisent pas pour contenir ce trop-plein humain.

Il y a urgence de songer à réduire la pression urbaine en procédant à une délocalisation de certaines dépendances quotidiennes concentrées dans une seule direction, à savoir, quelques communes de la Lukunga dont particulièrement la Gombe.

Ces institutions publiques et entreprises économiques, pour la plupart au centre de la ville, doivent être restructurées vers des extensions divisionnaires. Cela aura l’effet bénéfique d’entraîner des nouveaux pools urbains à partir desquels on devrait créer progressivement de nouvelles entités urbaines décentralisées plus saines et judicieusement administrées. Une ville nouvelle, où se transférerait méthodiquement, de manière sélective, des projets d’habitation adaptés au cadre select d’une urbanisation contrôlée, est possible.

De réinstaurer la discipline dans les mentalités sans distinction aucune.
Étant donné que la nouvelle ville sera, dans un début, un appendice de l’ancienne, il est impératif de profiter de cette situation détachée entre les agglomérations pour engager des réformes administratives afin de cerner toutes les dispositions nécessaires et contraindre toutes les éventualités.

Guy ILUNGA KABAMBA.
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