Consultations nationales intersectorielles sur les pertes et préjudices : le MEDD-NEC analyse et valorise les priorités climatiques de la RDC.
Le ministère de l’Environnement, du Développement Durable et de la Nouvelle Économie du Climat (MEDD-NEC) a franchi une étape déterminante dans le processus d’élaboration de la proposition nationale de la République démocratique du Congo au Fonds pour les pertes et préjudices (Loss and Damage Fund – LDF), à travers l’organisation des consultations nationales intersectorielles.

Mises en œuvre en collaboration avec le Programme Alimentaire Mondial (PAM), ces consultations s’inscrivent dans le cadre des mécanismes internationaux établis sous la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Le Fonds pour les pertes et préjudices vise à soutenir les pays en développement, particulièrement vulnérables, face aux impacts du changement climatique qui ne peuvent être évités ni totalement compensés par les efforts d’adaptation.

Ce mécanisme permet notamment de financer des actions liées aux événements climatiques extrêmes, tels que les inondations, les sécheresses ou les tempêtes, ainsi que les phénomènes à évolution lente comme la dégradation des écosystèmes, la désertification ou l’élévation du niveau de la mer. Il couvre à la fois les pertes économiques (infrastructures, production, moyens de subsistance) et non économiques (biodiversité, patrimoine, déplacements de populations), tout en renforçant les capacités de préparation, de réponse et de relèvement post-catastrophe.
Dans sa phase actuelle d’opérationnalisation, le Fonds offre une opportunité stratégique à la RDC d’accéder à des financements dédiés, à condition de soumettre une proposition nationale structurée, cohérente et alignée sur les priorités nationales.

C’est dans cette optique qu’une première réunion s’est tenue le 13 mai 2026 à Kinshasa, réunissant les directions et établissements sous tutelle du MEDD-NEC. Cette rencontre avait pour objectif de collecter des données sectorielles fiables sur les impacts du changement climatique, en s’appuyant sur un formulaire structuré couvrant notamment les risques climatiques, les groupes vulnérables, les pertes observées, les données disponibles ainsi que les actions prioritaires.
Conformément aux exigences de gouvernance et d’appropriation nationale, ces consultations ont permis de garantir « l’alignement avec les priorités nationales sectorielles », « l’inclusion de tous les acteurs institutionnels concernés » ainsi que « la cohérence avec les mécanismes existants de gestion des risques de catastrophes ».

À la suite de cette phase de collecte, une étape clé a été consacrée à « l’analyse et la valorisation des priorités identifiées lors des consultations internes ». Les contributions, initialement attendues pour le 15 mai, ont été examinées afin de dégager une vision consolidée des enjeux climatiques du pays.
Les travaux ont notamment permis :
- de hiérarchiser les risques climatiques ;
- d’identifier les zones géographiques les plus exposées ;
- d’évaluer les pertes et dommages, tant économiques que non économiques ;
- et de définir les axes d’intervention prioritaires.
Par ailleurs, ces consultations visaient également des objectifs précis, notamment « harmoniser les contributions sectorielles », « valider les zones géographiques prioritaires d’intervention » et « identifier les mécanismes institutionnels de mise en œuvre et de coordination ».

À l’issue de ce processus, plusieurs résultats sont attendus, dont « un consensus intersectoriel sur les priorités nationales », « une feuille de route de finalisation de la proposition », ainsi que « les bases d’une lettre officielle d’endossement gouvernemental ».
À travers cette dynamique, le MEDD-NEC entend consolider une base de données nationale crédible et renforcer la cohérence interinstitutionnelle, en vue de défendre efficacement les intérêts de la RDC dans les mécanismes internationaux de financement climatique.

Cette initiative traduit une volonté affirmée des autorités congolaises de mieux intégrer les enjeux liés aux pertes et préjudices dans les politiques publiques, tout en mobilisant davantage de ressources au profit des populations les plus vulnérables face aux effets du changement climatique.
Dalton Lukanda. (Olympus médias RDC).
Share this content:



Laisser un commentaire