Alerte sur l’écosystème du fleuve Congo : Les ressources halieutiques sérieusement menacées par les rejets urbains.
Le fleuve Congo est le deuxième plus puissant fleuve au monde après le fleuve Amazone du Brésil. Il traverse le vaste territoire de la République démocratique du Congo en partant du sud vers le nord. Dans sa course de plus de 4.300 kilomètres, il nourrit des millions de Congolais grâce à la pêche, avec une production estimée à 60.000 tonnes de poissons par an, selon le ministère du Plan congolais.

L’un des paradoxes congolais consiste au fait que le ¾ de poissons consommés dans la ville de Kinshasa, capitale du pays, ne provient pas de cette immense réserve halieutique. Quel dommage !

Autre chose, ces dernières années, le poisson du fleuve Congo se raréfie. Pourquoi ? La cause principale est connue : Le plastique. Il est partout sur et dans les eaux. Sa provenance, les égouts de rejets urbains de la capitale qui se déversent directement dans le fleuve contaminé. Les poissons trinquent. Toutes les maladies qui empoisonnent le milieu aquatique du fleuve déciment les espèces de poissons les plus vulnérables lorsque les autres émigrent vers des étendues marines moins ou pas polluées. Voilà la triste réalité de la biodiversité fluviale sur les rives de Kinshasa, la ville infestée des déchets plastiques.

Ces déchets kinois s’accumulent dans les filets des pêcheurs, à tel point que certains pêcheurs ont abandonné la chasse aux poissons pour revendre le plastique récupéré dans les eaux à des entreprises locales de recyclage. Négoce plus rentable.
Ces déchets plastiques sont du plastique des bouteilles d’eaux, des sachets en tout genre jusqu’à des couches de bébé ! Avec çà, il faut ajouter des pneus, des matières fécales régulièrement versées par des camions-citernes, bref, tout ce qui ne sert plus.
Le métier de pêcheur, dans ce fleuve progressivement saturé des déchets et dont le draguage n’est pas aisé, est en voie de disparition.

La menace est réelle. Kinshasa qui est surpeuplée et bordée par le fleuve produit au moins dix tonnes de déchets plastiques par jour. Il n’est pas étonnant, vu l’inefficacité des services urbains de ramassage des poubelles, de subir l’impact de la pollution plastique sur la pêche et l’écosystème du fleuve Congo.

Toutes les rivières qui drainent les eaux des pluies sur la ville où les déchets sont abandonnés au grand jour n’ont qu’un seul exutoire : Le fleuve Congo. Une étude des chercheurs de l’université de Kinshasa souligne que les déchets en plastique, exposés au soleil, se fragmentent en micro-plastiques ensuite ingérés par les poissons et susceptibles de s’accumuler dans la chaîne alimentaire. On imagine les conséquences de cette pollution silencieuse et étendue.

C’est une guerre que les autorités doivent livrer contre les plus grands pollueurs du fleuve et de l’environnement congolais qui relèvent de la plupart des sociétés commerciales installées dans la zone la plus industrialisée de la ville, à savoir : Limete industrielle et Kingabwa, qui sont en fait les principaux auteurs de cette dégradation de l’écosystème du fleuve Congo. Certains déchets déversés par ces opérateurs ne sont pas toujours suffisamment traités et, ou évacués dans des centres spécialisés.

A titre d’exemple, Mme la ministre de l’Environnement, Développement Durable et Nouvelle Economie du Climat, Marie Nyange Ndambo, a tout récemment interpélé la Bralima( société brassicole) dont les rejets polluent et endommagent tout l’environnement sur l’axe routier des poids lourds jusqu’à l’exutoire du fleuve Congo à Kingabwa. Plus pertinent, la ministre a engagé une mission qui va éxaminer tous les cas analogues dans la capitale afin de retablir le respect des normes environnementales dans toutes les provinces du territoire congolais.

En dehors de ceci, le comble est que la gestion des déchets assumée par les services urbains est très mal opérée dans la capitale où les décharges sauvages prolifèrent et se perdent dans les cours d’eau et les espaces improvisés des terrains vagues. Leur évacuation est sporadique et irrégulière.

La RDC avait adopté en 2017 une loi interdisant la production et l’importation de sacs et de bouteilles en plastique mais celle-ci est presque pas appliquée ; en revanche, sur les rives du fleuve, les derniers pêcheurs de poissons se livrent à une autre forme de pêche : la pêche et revente des bouteilles en plastique, lesquelles, prospèrent. Toutes les pirogues reviennent du large avec des masses de kilos d’objets en plastique qui forment des îlots en flottaison lorsqu’ils ne coulent pas dans le fleuve rempli.

Conclusion. Il faut que les autorités prennent des dispositions sévères et rapides pour sauver les ressources halieutiques du fleuve Congo sinon, les conséquences risquent de surprendre d’ici là.
Olympus médias RDC.
Share this content:



Laisser un commentaire