30 juin 1960-30 juin 2024: RDC, 64 ans sans autodétermination, 64 ans d’autodestruction nationales!
64 ans, dans la vie d’une personne ou d’une entreprise quelconque, résument plus qu’une présence ou une existence ordinaire !
64 ans !
C’est, ensemble, le concours de plusieurs expériences vécues, une exception qui, de par cette durée temporelle, qu’elles qu’en soient les bonnes et mauvaises expériences, mérite considérations et égards tout naturellement.
De la république démocratique du Congo, qui totalise un demi siècle plus un quart presque d’Indépendance reconnue, le bilan est mitigé à de nombreuses statistiques sectorielles.
Les fragilités et les faiblesses internes, de la société congolaise d’avant et de départ, dès l’accession à l’indépendance, se sont aggravées.

D’une manière générale, c’est une régression paradoxale. Beaucoup d’atouts et d’espoirs contre beaucoup de contre-performances et de misère. La tendance globalisante décrit un déclin structurel et, pire, conceptuel des notions et principes de base sociale et d’exercice politique. En termes clairs, l’Indépendance acquise le 30 juin 1960 n’a apporté rien de notable au peuple congolais quant aux attentes espérées ni aux droits escomptés.

Comment ?
A ce jour, la dépendance du colonisé au colonisateur s’est transférée en celle des gouvernés, piétinés davantage, par des gouvernants originaires moins conscients et incapables de faire avancer réellement les choses. Or, l’espoir suscité par les originaires devait, plus ou moins, concrétiser quelques succès durables ! Il faut le reconnaître, la RDC fait du » sur-place ». En terre-à-terre, on dirait, on tourne autour du même rond-point ! C’est d’un comble que l’on ne saurait comprendre au regard des potentialités que ce pays regorge sur plusieurs plans structurels : Ressources démographiques, humaines, naturelles,…
Revenons sur la question de cette Indépendance que l’on se prétend avoir obtenu.
Au Congo, la date de l’indépendance a en fait ouvert les hostilités des conflits permanents concernant les mêmes préoccupations individuelles, communautaires, locales, tribales, nationales et extérieures. Ces préoccupations n’ont guère changé, elles ont seulement fait une mutation intacte, à la différence qu’elles sont passées de la conscience des belges qui géraient la cité à l’inconscience de l’élite congolaise qui a repris le flambeau éteint d’une véritable souveraineté nationale.

Au vrai sens du terme, les congolais, après 64 ans d’indépendance acquise, ont échoué de se définir une propre autodétermination totale. Aucune marque personnelle n’a été imprimé sur la gestion de la chose publique depuis la rupture avec l’esprit du colonisateur. C’est plutôt la destruction du legs colon qui a été mis en œuvre. Le comble est que le pillage du capital social de la colonisation s’est perpétré au nom de plusieurs révolutions ineptes et illusoires : Authenticité et Zaïrianisation, pour ne citer que ces deux courants directeurs de la véritable et profonde prédation de l’essence congolaise. Cette prédation qui consistait, en réalité, à une autodestruction systématique de la conscience générale de toute la société intellectuelle et culturelle, était une dérive dictatoriale et mentale des premiers gouvernants originaires.
On ne peut pas en sortir facilement ni s’en défaire sur des discours. Le matraquage et le bourrage de la conscience nationale, des années M.P.R., a produit cette déliquescence actuelle et quasi viscérale des mentalités locales. La vérité. Les congolais, ceux qui ont pris le pouvoir et ceux qui les ont reconnus comme tels, ont très mal géré le tournant décisif de » l’après-colonisation »!
C’est certain et très sûr que nos pionniers n’avaient pas mesuré l’étendue du pouvoir colonial dans son exercice quotidien comme dans son assise structurelle. Imaginez les conflits politiques des apprentis politiciens congolais, lesquels, à peine engagés sur le seuil des institutions, se livraient des duels dépourvus de sens constitutionnel. Seul l’arbitraire des uns eût raison coercitive sur la résistance des autres, victimes fatales de » la loi du plus fort »!
Ayons le courage d’admettre, tous les congolais, ensemble, que nous avons raté le départ depuis le 30 juin 1960! Cette date n’est pas une occasion de se réjouir ni de célébrer ! Que va-t-on fêter ?
La misère qui s’accentue ? La dépravation intellectuelle qui se poursuit?
Il faut changer les paradigmes des choses à l’image de nos propres échecs. Les reconnaître intégralement et les surmonter en relançant des nouveaux élans sur les nouvelles bases pour les nouvelles générations des congolais.
Travaillons pour des objectifs et des perspectives, dans lesquels, notre part sera uniquement d’avoir préparé cette passation des anciens principes aux nouveaux principes.

C’est dire : Revoir toute la Constitution en allant, article par article, alinéa sur alinéa, afin de définir la nature juridique et la portée sociale de chaque loi. Ne tenir compte, en priorité, que du contexte congolais pour, en raison de l’universalité de l’humanité, que de quelques exceptions et circonstances.
Aujourd’hui, notre Indépendance a perdu toute sa substance, toute sa crédibilité et n’offre, aux congolais, que les souvenirs stériles d’une époque sombre, floue, désordonnée, dont plusieurs histoires et épisodes demeurent mal connus et, voire, cachés volontairement de leur vérité.
On ne devrait pas être fier, pour se faire plaisir, en célébrant avec faste notre débâcle Nationale parce qu’il faut se faire une raison d’avoir arracher, sans aucune préparation ni expérience, le flambeau du Congo aux belges qui savaient, eux, ce qu’ils venaient de perdre et ce qui venait de leur échapper des mains mais, pas de droit perpétuel.
Pour terminer.
Il faut absolument revenir froidement sur tout ça ! D’avant l’indépendance à la rupture ( conventionnelle avec le colon) jusqu’à aujourd’hui, en passant plus de temps sur l’évolution des pionniers sur la chose publique.
C’est seulement en procédant à cette remise en question intégrale, que l’on pourrait, à l’échelle des générations, réussir la cure de désintoxication inclusive, c’est-à-dire, à la fois : Politique, culturelle, intellectuelle, mentale, communautaire, sociale, tribale, spirituelle, etc…
Guy ILUNGA KABAMBA.
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