12ème Session ordinaire du Conseil des ministres de la Commission des Forêts d’Afrique centrale (COMIFAC), Yaoundé, République du Cameroun | 5 novembre 2026: Mot de S.E. Marie Nyange Ndambo, Ministre de l’Environnement/RDC.
Mot de S.E. Mme MARIE NYANGE NDAMBO
Ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat de la République démocratique du Congo

Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la République du Cameroun,
Monsieur le Ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun, Président du Conseil des ministres de la COMIFAC,
Mesdames et Messieurs les Ministres, chers collègues,
Monsieur le Président de la Commission de la CEEAC,
Monsieur le Secrétaire exécutif de la COMIFAC,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions régionales et des partenaires techniques et financiers,
Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,
C’est avec un réel honneur que je prends la parole, au nom du Gouvernement de la République démocratique du Congo, à l’occasion de cette douzième session ordinaire du Conseil des ministres de la COMIFAC.
Des impératifs liés à mon agenda gouvernemental ne m’ayant pas permis d’être physiquement présente à Yaoundé, je tiens néanmoins à vous assurer de toute l’importance que mon pays accorde à ces assises.
Je remercie le Gouvernement camerounais pour son hospitalité ainsi que le Secrétariat exécutif de la COMIFAC pour les efforts consacrés à l’organisation de cette importante rencontre.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Les forêts du bassin du Congo constituent un patrimoine écologique mondial, mais également un capital naturel stratégique pour nos États, un levier de développement économique et un facteur essentiel de régulation du climat.
Leur préservation ne saurait être dissociée des aspirations légitimes de nos populations à la prospérité, à la création d’emplois et à l’amélioration de leurs conditions de vie.
C’est pourquoi la République démocratique du Congo demeure attachée à une coopération régionale forte, fondée sur le leadership de nos États, la solidarité internationale et la valorisation durable de nos ressources naturelles.
À cet égard, je voudrais saluer l’engagement de la République du Burundi à la présidence de la COMIFAC et adresser nos encouragements à la République du Cameroun dans les responsabilités qu’elle est appelée à exercer.
Je salue également les efforts du Gouvernement camerounais en faveur du renforcement institutionnel de notre organisation, notamment la mise à disposition d’un bâtiment destiné à abriter ses services.
La RDC réaffirme son engagement à contribuer, aux côtés des autres États membres, au renforcement de la COMIFAC, institution régionale essentielle à la coordination de nos politiques forestières et environnementales.
Excellences, Mesdames et Messieurs les Ministres,
L’un des enjeux majeurs de notre session réside dans l’examen et l’adoption du nouveau Plan de convergence de la COMIFAC, le Plan de convergence 3.0, appelé à orienter notre action collective pour les prochaines années.
Ce document stratégique doit non seulement répondre aux défis de la conservation et de la gestion durable de nos forêts, mais également traduire les nouvelles ambitions économiques, climatiques et financières de notre sous-région.
À ce titre, la République démocratique du Congo souhaite attirer particulièrement l’attention du Conseil des ministres sur la nécessité d’intégrer explicitement l’Appel de Belém pour les forêts du bassin du Congo dans le Plan de convergence 3.0.
Fruit d’une concertation entre les pays d’Afrique centrale et leurs partenaires internationaux, l’Appel de Belém constitue un acquis diplomatique majeur de notre sous-région.
Je voudrais rendre hommage à la République gabonaise et à la République française pour leur contribution déterminante à cette initiative, dans le cadre de leur Co-Facilitation du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo.
Les engagements financiers de plus de 2,5 milliards de dollars américains annoncés à l’horizon 2030 dans cette dynamique représentent une opportunité importante pour accompagner les efforts de conservation, de restauration et de gestion durable de nos écosystèmes forestiers.
La République démocratique du Congo considère qu’un engagement politique et financier d’une telle portée doit nécessairement trouver sa place dans le principal instrument stratégique de notre coopération forestière régionale.
C’est pourquoi, au nom du Gouvernement de la République démocratique du Congo, j’invite respectueusement le Conseil des ministres à veiller à l’intégration explicite de l’Appel de Belém dans le Plan de convergence 3.0, avant son adoption définitive.
Cette démarche permettra de renforcer la cohérence entre nos engagements politiques, nos priorités régionales et les mécanismes de mobilisation des financements internationaux.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
Au-delà des mécanismes traditionnels de coopération, notre sous-région doit désormais s’engager résolument dans la mobilisation des financements climatiques et environnementaux innovants, capables de transformer les services écosystémiques de nos forêts en opportunités économiques durables.
À cet égard, les marchés carbone, les paiements pour services environnementaux (PSE) et les autres mécanismes de valorisation du capital naturel constituent des instruments stratégiques pour diversifier les sources de financement de la conservation, de la restauration des paysages forestiers et du développement local.
Ces instruments doivent être développés dans des cadres réglementaires transparents et crédibles, garantissant l’intégrité environnementale, la souveraineté de nos États sur leurs ressources naturelles ainsi qu’un partage juste et équitable des bénéfices avec les peuples autochtones et les communautés locales.
Notre ambition commune doit être de faire évoluer le bassin du Congo d’un espace principalement bénéficiaire de financements internationaux vers un véritable pôle d’investissements climatiques, de création de richesses et de développement durable.
La République démocratique du Congo encourage, à cet effet, une meilleure prise en compte de ces nouveaux instruments économiques et financiers dans le Plan de convergence 3.0, afin de renforcer la capacité de nos pays à mobiliser des ressources additionnelles et prévisibles.
Excellences, Mesdames et Messieurs,
La République démocratique du Congo assure, pour la période 2026–2028, la Co-Facilitation du Partenariat pour les Forêts du Bassin du Congo (PFBC).
Notre pays entend exercer cette responsabilité dans un esprit de complémentarité avec la COMIFAC, dont nous reconnaissons pleinement le mandat intergouvernemental de coordination des politiques forestières et environnementales.
Le PFBC, en tant que cadre volontaire de dialogue et de coopération entre les États, les institutions régionales et leurs partenaires, constitue un instrument d’accompagnement et de mobilisation au service des priorités définies par nos pays.
Je voudrais saisir cette occasion pour exprimer la gratitude de mon Gouvernement à la République fédérale d’Allemagne, qui rejoindra la RDC dans la Co-Facilitation du PFBC à compter du 1er janvier 2027.
Nous sommes convaincus que cette coopération renouvelée contribuera à consolider les acquis de notre diplomatie forestière, à soutenir la mise en œuvre de l’Appel de Belém et à renforcer la mobilisation des financements en faveur des priorités régionales.
Excellence Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de la République du Cameroun,
Monsieur le Ministre des Forêts et de la Faune du Cameroun, Président du Conseil des ministres de la COMIFAC,
Mesdames et Messieurs les Ministres, chers collègues,
Monsieur le Président de la Commission de la CEEAC,
Excellences Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs les représentants des institutions régionales et des partenaires techniques et financiers,
Mesdames et Messieurs,
À quelques jours de la COP31, notre sous-région doit plus que jamais faire entendre une voix commune, forte et cohérente.
L’Afrique centrale ne peut demeurer uniquement un espace de conservation au bénéfice des équilibres écologiques mondiaux. Elle doit également devenir un espace de transformation économique, d’innovation et d’investissements durables, au bénéfice de ses populations.
Cela exige une coopération régionale renforcée, des institutions crédibles et une meilleure articulation entre les engagements internationaux et nos politiques nationales.
La République démocratique du Congo demeure convaincue que l’avenir de nos forêts doit reposer sur une ambition commune : préserver notre patrimoine naturel, valoriser durablement ses services écosystémiques et garantir à nos populations une juste part des richesses qu’il génère.
C’est dans cet esprit que mon pays réaffirme son soutien à la COMIFAC et renouvelle son appel en faveur de l’intégration explicite de l’Appel de Belém et des mécanismes innovants de financement environnemental dans le Plan de convergence 3.0.
Je forme le vœu que les décisions issues de cette douzième session ordinaire renforcent notre solidarité régionale et ouvrent de nouvelles perspectives de développement pour les pays et les peuples du bassin du Congo.
Vive la coopération et la solidarité entre les États d’Afrique centrale !
Vive la COMIFAC !
Je vous remercie de votre haute attention.
Prof. Marie NYANGE NDAMBO.-

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