Révision de la Constitution : Léon Kengo wa Dondo et d’anciens Premiers Ministres à la rescousse.
Politique nationale.
Léon Kengo wa Dondo n’est pas n’importe qui dans l’histoire du Zaïre et de la République démocratique du Congo.

Doté d’une aura ferme et éclectique, il a occupé des plus prestigieux postes-clés dans les institutions régaliennes. Pour peu, il a bien failli passer président de la république à son très remarquable retour de l’exil de l’Europe où il avait été sollicité par Augustin Katumba Mwanke.

Un autre trait exceptionnel de cette grande figure politique est que Léon Kengo wa Dondo a joué des rôles décisifs à des moments critiques des enjeux politiques. Il a servi de pont et de bouclier ici, de prétexte et de conseil là-bas, que l’on pourrait le qualifier d’homme précieux dans l’ombre de grandes décisions nationales. Pour conclure, cet acteur politique de premier plan a tout entendu depuis Mobutu à Félix Tshisekedi, tout en ayant développé des multiples relations à de nombreux niveaux et dans tous les camps comme un être doté des pouvoirs spéciaux et mystérieux.

Kengo a servi de couverture à Mobutu pour évincer Étienne Tshisekedi d’une Primature trop symbolisée par l’opposant historique. Kengo a couvert tant de choses politiciennes au cours de son mandat au Sénat où, contre toute attente, il raflera la présidence après un vote inattendu.

On l’a déclaré plusieurs fois mort alors qu’il n’en était rien. Tout récemment, il a reçu, chez lui, le Chef de l’État avec lequel ils ont échangé sur des sujets dont la teneur n’a pas filtré.

Et le revoilà, comme un joker, une sorte de maître de jeu, qui réapparaît avec le brillant économiste et Professeur Evariste Mabi Mulumba, Adolphe Muzito de l’opposition modérée et Samy Badibanga pour renforcer le camp de ceux qui «soutiennent l’initiative du Chef de l’État sur la mise en place d’une commission multidisciplinaire qui sera chargée d’évaluer et d’analyser l’actuelle Constitution».

C’est une bouffée d’oxygène pour le chef de l’État, plus particulièrement, qui reçoit le soutien officiel de grosses pointures. Ce sont tous des anciens Premiers Ministres et Chef de gouvernement. Est-ce suffisant pour faire basculer les choses ? On verra par la suite car, il semble que d’autres personnalités, de la même trempe, seraient sur la voie de rejoindre ce nouveau bloc.

En attendant de rallier un peu plus de partisans à la cause voulue par Félix Tshisekedi, ces ex Premiers Ministres affirment être «prêts à contribuer pleinement à ce débat de société dans la perspective d’apporter les réformes nécessaires et fondamentales dans l’intérêt de la République».

L’échiquier politique congolais ne finira jamais de surprendre par les schémas et tours des évènements qui s’y font. Les alliances et ruptures ne respectent aucune logique ni vraisemblance structurelle. Les acteurs politiques semblent être dictés par des options et visées plus troublantes et comme opportunistes. Cette observation tient du fait que d’un autre côté, opposé à celui du président de la république, l’ancien président de la république, Joseph Kabila, s’est rapproché aussi des figures surprenantes.

Ça fait, tout ça, comme un drôle de patchwork des politiciens qui se connaissent pour avoir partagé beaucoup d’aventures et des mésaventures.

Comment cela va-t-il finir ? On a hâte d’être fixé sur cette Constitution au cœur des oui et des non.
Les anciens Premiers ministres ont publié une déclaration commune dûment signée et très explicite.

Le nom de Likulia Bolongo est repris mais sans sa signature.

Ce qui est assez anormal et curieux. Qu’en sera-t-il des autres ex Premiers Ministres, exclusivement Augustin Matata Ponyo Mapon

et Bruno Tshibala Nzenze lesquels, sont bel et bien entre le marteau et l’enclume pour se décider, en dépit de nombreux ressentiments existants entre certains.

Vincent Lunda Bululu, très malade,

Sylvestre Ilunga Ilunkamba, très réservé,

vont-ils devoir se prononcer pour ou contre ?
La rédaction.
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