Révision de la Constitution : Ça va dans tous les sens!
Politique nationale.
Actuellement, il n’y a aucun sujet qui remue autant la classe politique congolaise comme la polémique autour de l’éventualité de réviser la Constitution de la république.

Les avis et positions sont très partagés au niveau des acteurs et leaders politiques. L’unanimité reste très loin d’être acquise sur une tendance commune.

Les langues se délient pour multiplier des arguments pour et des dénonciations contre cette initiative que l’on attribue à la volonté du Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo qui a, par ailleurs, définitivement exprimé son avis qui était très attendu.

A Kisangani où il est allé inaugurer l’aéroport de Bangoka, il a clairement dit que la Constitution actuelle avait été écrite par des étrangers, qu’elle ne correspondait pas aux réalités locales tout en précisant que cette révision n’était pas une urgence. La messe est dite.

La Constitution de la République démocratique du Congo, c’est presque sûr, une fois de plus, va subir des modifications. Étant donné qu’il y a un tollé d’une part et un soutien d’autre part, il convient que la voie référendaire soit exploitée pour trancher sur la volonté du souverain primaire : Le Peuple congolais.
Pour obtenir cet accompagnement, le parti présidentiel, UDPS, s’est déjà rangé pour récolter l’adhésion de sa base. Le secrétaire général Augustin Kabuya Tshilumba, qui affiche vertement son parti pris pour une révision constitutionnelle, bât déjà campagne pour la convocation d’un référendum à ce sujet.

Pour ceux qui sont d’accord, il y a quelques nuances à noter: Adolphe Muzito Fumutshi, président du parti de l’opposition » Nouvel Elan », favorable à une révision de certains articles, a posé 10 conditions qui sont en fait des questions auxquelles le pouvoir devrait donner des réponses comme arguments sur les articles ciblés.

Quant à Augustin Matata Ponyo, c’est une éventualité à ne pas rejeter en bloc à la condition que le pouvoir présente des garanties de réelle démocratisation et de dialogue franc avec les leaders de l’opposition.

André Atundu Liongo, plus isolé et comme entre un marteau et l’enclume, a reconnu que la Constitution méritait d’être retouchée en reconnaissant que celle qui est en vigueur contenait des failles. Toutefois, il a avancé qu’il faut tenir compte des sensibilités politiques d’avant et actuelles.

Entretemps, on ne sent pas trop les sentiments des leaders de l’Union Sacrée de la Nation censés abonder dans le sens de leur Autorité Morale à l’image de l’Udps !

Pour ceux qui rejettent cette initiative du pouvoir en place, un point commun est à relever: Ils évoquent les protestations d’époque de l’Udps, alors dans l’opposition, contre toute révision de cette Constitution. C’est ainsi que le PPPRD et les autres clans kabilistes crient à l’intention masquée du chef de l’État d’allonger son mandat pour s’éterniser au pouvoir.

Pour le camp des katumbistes, ils accusent le pouvoir de vouloir réinstaurer une dictature en se taillant une Constitution sur mesure.

Pour l’Écide de Martin Fayulu Madidi qui a évoqué d’autres préalables qui prévalent, il promet d’empêcher que la Constitution soit touchée. Pour ce faire, Fayulu, un peu comme Muzito qui a énuméré des conditions, il aligne des préoccupations nationales qui nécessitent des réponses avant d’en arriver à l’éventualité d’une révision constitutionnelle. Sur son compte Twitter, il a réagi en accusant le Chef de l’État de jouer avec le feu comme un « gamin ».

« Félix Tshisekedi joue avec le feu comme un gamin. Nous ne le laisserons pas toucher à la Constitution. Le peuple a besoin de : 1. L’intégrité territoriale ; 2. L’éradication de la misère ; 3. La sécurité ; 4. Le respect des droits humains ; 5. Des institutions légitimes issues d’élections crédibles. Pour cela, il nous faut la cohésion nationale. Ce n’est pas à cause de la Constitution que plus de 115 localités du pays sont sous contrôle des forces extérieures et que le gouvernement se distingue par la gabegie financière ? » Martin Fayulu Madidi, président national de l’Ecidé.

Pour les propres termes du Chef de l’État, les voici : » N’ayez pas peur. Notre constitution contient des faiblesses, il est bon que notre élite y réfléchisse. La révision ou le changement de la Constitution n’est pas à confondre avec le nombre de mandats qui nécessitent un référendum »
Parmi les motivations de cette révision, le Chef de l’État a notamment évoqué la lenteur dans la mise en place des institutions après les élections générales, sans oublier, la vulnérabilité du mandat des gouverneurs de provinces face à la tourmente des Assemblées provinciales.

A tout bien dire, la classe politique congolaise s’encanaille davantage sur une simple question de lucidité et d’objectivité à dissocier des antagonismes individuels et égoïstes.
En somme, il n’est pas impossible de rassembler les avis contraires et trouver un schéma consensuel sur ce problème d’intérêt national.
La rédaction.
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