Rapport dessertes eau et électricité : Beaux résultats contre sales réalités
Energie.
Rapport dessertes eau et électricité : Beaux résultats contre sales réalités.
C’est une manie, en république démocratique du Congo, que de faire de grosses annonces percutantes.

Seulement, l’effet passé, on constate tout le contraire dans la réalité. C’est à croire que certaines autorités s’expriment pour s’entendre dire des choses qui passent par la tête et non par une vraie évaluation.



Le nouveau ministre en charge des ressources hydrauliques n’aurait dû pas déclarer ses statistiques. Les congolais ont leur observation sur la fourniture de l’électricité comme sur celle de l’eau, encore qu’elle n’est plus potable. Nous avons une desserte en énergie électrique boiteuse, insuffisante, irrégulière et instable. Voilà les caractères de la desserte en électricité équivalente à 15% en 2023 et 19% en 2024, pour une desserte en eau, de très mauvaise qualité, rare et irrégulière estimée, elle, selon le ministre, à 34%.

Comme c’est bien beau mais, pas bon, de jouer avec les chiffres pour embobiner l’opinion publique qui grogne et proteste, depuis des années, contre la problématique de la fourniture de l’électricité et de l’eau à Kinshasa.

Il y a des quartiers et des communes qui ignorent et l’électricité comme l’eau depuis qu’ils existent.

Il y a plus de 5 ans, voire plus, que d’autres secteurs n’ont l’écho de ces deux denrées hydrauliques qu’une ou deux fois par semaine voire par mois. Ce qui choque est les entreprises publiques chargées d’assurer ces dessertes se permettent d’y envoyer des factures salées. Conséquences : Lynchage des agents percepteurs ou recouvreurs.


C’est à ces nombreuses difficultés qu’il faut accorder des solutions urgentes qu’annoncer des pourcentages qui ne correspondent pas à la réalité sur le terrain des consommateurs. On ne comprend pas comment une desserte qui se dégrade, au fil des années, peut monter en croissance !!?

Le ministre Teddy Lwamba Muba, assez disert et bénéficiaire de l’excuse du débutant en exercice, s’est engagé, à son tour, de promettre qu’en 5 ans, ces taux seront doublés !!!

Vraiment ?! Comment va-t-on multiplier ces dessertes lorsque les réseaux des câbles électriques comme ceux des canalisations liquides sont en état lamentable, abandonnés, manipulés par messieurs » tout le monde »!? Comment pouvoir réaliser ce pari sans la logistique adéquate ?

Vraiment !
Soyons sérieux !
Il serait plus raisonnable d’entamer une vraie modernisation des procédés de desserte en électricité et en eau avant de songer à les augmenter, du moins, pour les grands centres. Tandis que dans les milieux ruraux où le taux est de 1% en desserte en électricité et 0%, en desserte en eau, les urgences d’imprimer des doubles efforts pour créer de nouveaux réseaux s’imposent.

Le ministre des ressources hydrauliques devrait être honnête avec les congolais pour reconnaître que les dessertes en électricité instable et en eau non potable sont déficitaires, médiocres ; d’ailleurs, l’indice du doing business classe la RDC parmi les pays africains dont l’accès à l’eau comme à l’électricité est le plus bas du continent. Pourtant, en termes de potentiels hydrauliques et naturelles, notre pays est constitué, d’une part, de 8% des possibilités hydroélectriques mondiales et, d’autre part, il a la plus grande réserve d’eaux d’Afrique.

On l’a dit, en titre : » Beaux résultats contre sales réalités »!

En effet, le pays-solution est le plus garni en richesses naturelles mais le plus mal servi en bénéfices.
Espérons que le nouveau numéro 1 des ressources hydrauliques ne va se contenter des effets de tribune, lui, ancien directeur général adjoint de la Société Nationale d’électricité, SNEL, donc, un fils- maison, un homme qu’il faut à la place qu’il faut pour relever réellement les défis de la RDC quant à l’amélioration de la mauvaise desserte en énergie électrique et le perfectionnement de la desserte en eau… potable. Il n’y a pas de quoi s’étonner que si seulement les congolais des villes pouvaient boire à volonté, à partir de leurs robinets, de l’eau potable, combien, à plus forte raison on aurait résolu la prolifération des bouteilles en plastiques dans l’environnement.

Excellence Monsieur le ministre, la population des consommateurs d’eau et d’électricité veut une nette amélioration de ces services que les promesses et statistiques approximatives. Perfectionner ce qui est disponible, vider les lacunes et insuffisances logistiques avant de planifier, avec des stratégies inclusives via une sensibilisation populaire intense, l’extension des réseaux sinon, la capitale va ressembler à ces villes d’un futur précaire, fantomatique en nocturne et psychédélique en diurne.

Toutefois, il y a lieu de saluer le sens méthodique du ministre Teddy Lwamba Muba avec les 4 priorités énoncées pour sa tutelle : 1.Fiabiliser le secteur de l’eau,2. Revitaliser la croissance économique à partir de l’électricité,3.Investir dans les infrastructures et,4.Assainir le cadre légal.
Tout ceci devrait être spécifié dans une sorte de feuille de route comme tableau d’orientation pratique.

Conclusion: L’heure est au développement des infrastructures de base avec la construction des ponts, des routes et des rails à travers tout le pays, avec une desserte améliorée et croissante en électricité et en eau potable pour parvenir à impacter un développement intégral de la nation.
La rédaction.
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