Insalubrité urbaine et nuisances sonores: Les autorités à court de ressources ou dépassées par les défis ?
Environnement.
Insalubrité urbaine et nuisances sonores: Les autorités à court de ressources ou dépassées par les défis ?
La ville de Kinshasa fait face à un défi majeur pour assainir son environnement : l’insalubrité galopante et généralisée.

On nous a livré des campagnes et opérations dites » coups de poing » pour s’attaquer à ce problème tout à fait logique pour une mégapole comme Kinshasa.
Y a-t-il un miracle à opérer sinon, procéder comme cela se fait, depuis des siècles, dans les autres capitales du monde ! La lutte contre l’insalubrité n’est pas une exception, une particularité. C’est une charge publique tout à fait normale et ordinaire d’autant qu’il s’agit de recueillir, dans l’environnement d’une cité habitée, les immondices et déchets domestiques, industriels, disons privés et publics, à évacuer régulièrement dans des sites conçus pour leur traitement et incinération.

C’est un processus qui exige, à la fois, une bonne coordination administrative et une logistique technique importante. Qu’en est-il de la ville de Kinshasa et du gouvernement en cette matière ? Aucune politique nationale sur la question existe jusqu’alors, dans notre pays. L’Union européenne s’était attelée de le faire, sur ces propres fonds. Il y a eu des décharges construites dans quelques communes et des services de ramassage et convoyage, par camions, de tous ses déchets pendant un moment, puis, stop! Le calvaire des kinois a commencé.

Des amas de déchets et des poubelles, jusqu’au centre de la ville, ont pris place et corps pour empuantir l’environnement. D’ailleurs, il en existe encore.
Lorsque l’hôtel de Ville, sous le haut-patronnage de la présidence de la république, avait lancé l’opération » Kin Bopeto », des lueurs d’espoir ont paru dans la population mais, Illusions et promesses vaines, l’énigme » insalubrité » reste irrésolue malgré d’autres initiatives…
A présent, des mesures courageuses et assez audacieuses viennent de tomber dans le public. « Toute personne qui va jeter des immondices sur la voie publique à Kinshasa ou qui va couper les arbres sera sommée de payer une amende de 50.000.000 de francs congolais. »

Cette décision est assumée par deux ministres. L’un, ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des sceaux, Constant Mutamba, et l’autre, pas de moindre, le ministre délégué près du ministre de l’Urbanisme et Habitat en charge de la politique de la ville, Didier Tenge Litho, personnalité bien connue en la matière de l’environnement où il s’est assez illustré, comme bourgmestre de la commune de Kintambo, ministre provincial de l’environnement de la capitale, bref, un homme de terrain.
Cependant, est-ce raisonnable de fixer, d’office, une telle amende pour celui qui jettera une bouteille en plastique dans les rues de nos communes qui manquent des poubelles et des dépotoirs publics!!?
50 millions de francs congolais !!! N’est-ce pas un peu mettre la charrue avant les boeufs !

Oui!
Il faut tout envisager pour mieux faire son travail mais, 50 millions outrepassent la mesure de l’intimidation ou de la prévention !
Si l’édit 003 du 19 septembre 2013, portant sur la protection de l’environnement et sur l’assainissement de la ville de Kinshasa, est à mettre en pratique, c’est-à-dire que : » Toute personne a des obligations de ne pas jeter les immondices sur la voie publique, de ne pas couper les arbres, de ne pas mettre les matériaux de construction sur la voie publique », il convient de fournir un travail de Prévoyance de l’hygiène urbaine assumée, au préalable, par les services de l’état, en amont, pour punir les contrevenants, en aval.

Sinon, décider si vite alors que sur le terrain, il n’y a rien de l’état qui concourt à préserver ni l’hygiène ni l’environnement. Par exemple, des pancartes de défense de jeter les immondices, des poubelles régulièrement vidées, des cantonniers, en ville comme dans les communes !! Cela fera sentir aux administrés la préoccupation des autorités à vouloir instaurer un climat de propreté urbaine et une conscience à l’hygiène. Comment veut-on discipliner une population qui constate, dans son environnement quotidien, des flaques d’eaux usées, des canniveaux débordés, des décharges un peu partout, les routes très sales?
C’est mieux de commencer par vider ces désagréments de manière tenace pour démontrer à quel point vous êtes déterminés pour que cela serve de véritable exemple à suivre et à en tenir compte.

Aussi, faut-il cesser avec le spectacle désolant des samedis- salongo pour lesquels, certains achètent leur Salongo, (Comme c’est le cas des délestages) et, d’autres, font un désherbage et vidage des canniveaux qui sèchent au même endroit, parfois des jours sans être évacués. Ce sont ces images qui ne vont pas contribuer à facilement accompagner les vœux de ces dynamiques ministres du gouvernement national.
Cela va de soi, sur la question des nuisances sonores, « sur l’édit 005 du 09 octobre 2012 qui sanctionne les nuisances sonores, c’est-à-dire lorsque la personne est multirécidiviste les amendes vont jusqu’à 1.000.000 de francs congolais et les biens qui ont causé ces nuisances seront saisis, et la personne peut faire objet de 14 jours de servitude pénale ».

Regardons combien de terrasses et des églises comptent la ville de Kinshasa ?!
Didier Tenge Litho et son collègue Me Constant Mutamba Tugunga, devraient, une fois de plus, veiller à prévenir contre l’origine qui entraîne ces insupportables conséquences sociales.

Quelles sont les exigences administratives pour ouvrir une terrasse et ériger une église ? Où peut-on les tenir ? De quelles heures peuvent ouvrir et fermer les terrasses et les églises ?
En outre, sont- elles informées qu’il existe des conditions et des restrictions en la matière ?
Nul n’est censé ignorer la loi! C’est vrai pour le principe mais, c’est une erreur de ne pas informer ou prévenir ceci, pour le contexte local kinois et congolais où les textes existent mais, les congolais ne les lisent pas !
Et pourtant, la loi est très claire, du moins, pour ceux qui la suivent scrupuleusement : « Toute personne qui constate une infraction liée à une construction illégale, à une occupation de caniveau ou à des nuisances sonores, doit saisir le bourgmestre de sa commune et informer le procureur de la République. Et lorsque ce n’est pas exécuté, le bourgmestre peut faire l’objet d’une convocation au parquet pour abstention coupable ».

Combien de kinois et kinoises sont au fait de cette autorisation de collaborer et faire appliquer la loi lorsque les nuisances sonores nous malmènent du 1er janvier au 31 décembre, 24 heures sur 24!
Guy ILUNGA KABAMBA
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