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Kinshasa : Conférence-Débat sur les déchets, ce tueur silencieux.

Kinshasa : Conférence-Débat sur les déchets, ce tueur silencieux.

SOCIETE. ENVIRONNEMENT.

L’Environnement de la ville de Kinshasa constitue un véritable défi pour l’état congolais quant à l’assainissement des déchets qui sont à l’origine de beaucoup de désagréments humains et économiques. Professeur des Universités dans son pays, la République Démocratique du Congo et à l’étranger, expert au FONAREV, Docteur en Sciences de l’Université Libre de Bruxelles, l’éminent Professeur Pierre Albert Ngueliele a défendu une thèse sur ‘’ La problématique de la gestion des déchets liquides dans la Province du Sankuru en RDC’’, cela à la Faculté des Sciences, Département Géosciences, Environnement et Société de l’Université Libre de Bruxelles, au cours de l’année académique 2021-2022. 

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La Conférence-Débat qu’il organise, sous le thème principal : « Les déchets, un tueur silencieux à Kinshasa », le 28 juin 2024, à la veille de la date de notre 64ème anniversaire de l’Indépendance, est une invitation libre à tous les congolais sans distinction, qu’il invite au débat pour relancer, sur de bonnes bases et fondation, la lutte contre le changement climatique, les efforts pour l’assainissement de notre environnement kinois et, surtout la préoccupation des déchets.

Il a répondu aux questions de la rédaction d’Olympus Médias RDC. 

Olympus Médias : Bonjour, Professeur Pierre- Albert Ngueliele.

Professeur Pierre-Albert Ngueliele : Bonjour, Monsieur le journaliste.

Ol. M : Pourquoi organiser une conférence-débat sur les déchets à Kinshasa ?

Prof P.A. N : Parce j’ai honte. J’ai honte de ma ville, où je vis ; j’ai honte de la ville qui m’a vu grandir, j’ai honte de ma ville qui m’a donné la vie.

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OL. M : Professeur, cette conférence –débat aura pour thème : ‘’ Les déchets, un tueur silencieux à Kinshasa’’. Si j’ai bien compris, il s’agit de quoi exactement ?

Prof P.A.N : On cherchant l’auteur, le responsable de cette tuerie ; il y a d’une part, nous, kinois qui avions perdus notre fierté de vivre dans une ville propre, c’est-à-dire la maintenir comme les parents nous l’ont légués et, de l’autre côté, nous devons faire face aux nouvelles réalités du monde qui sont les changements climatiques. Quand vous voyez les grandes pluies et de grandes inondations, ça aide les déchets à nous tuer davantage parce que nous avons, nous même, déjà obstrué tous les caniveaux. On a empêché les eaux de couler, on a empêché l’eau de se filtrer dans les sols. C’est à ce moment-là que cet assemblage de choses donne la force à ce tueur que nous appelons les déchets.

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Ol. M : Il est vrai, Professeur Pierre-Albert Ngueliele, que l’environnement laisse à désirer au niveau de Kinshasa, mais que comptez-vous faire passer dans cette conférence-débat prévue pour le 28 juin prochain au salon du Ministère des Affaires étrangères ?

Prof. P.A.N : Dans cette conférence-débat, je ne vais pas faire passer des discours ! Ca ne va pas passer ! Nous voulons construire à partir de cette conférence. Ca ne va pas être un discours pour un discours. On en a tellement entendu pendant les campagnes électorales. Tout le monde a parlé des déchets mais, nous, nous leurs proposons une solution pour, qu’à partir de ces nouvelles autorités qui sont établies et, avec cette nouvelle législation, on va voter les conseillers communaux, responsables de la gestion de l’assainissement à la base selon la Constitution de 2006n nous  voudrions sortir avec un réseau congolais, un réseau d’acteurs, un groupe d’acteurs, une corporation lesquels, ensemble, qui vont s’unir, chacun dans son domaine d’actions, pour prêter main-forte à l’état congolais afin qu’ensemble, et cet état et nous la population et les hommes d’affaires et la jeunesse, nous puissions mettre la main dans la pâte pour résoudre ce problème qui rend tout le monde honteux.

Ol. M : Vous voulez réseauter des efforts pour assainir la ville avec plusieurs acteurs à différents niveaux. Mais comment voyez-vous tout ce qui a déjà été fait avant ? Qu’est-ce qui a péché ?

Prof. P.A.N : Ce qui a péché avant, monsieur le journaliste, est que l’on ne peut pas élever une maison en étages sans fondation ! La Fondation de la lutte, même l’Environnement, même la Santé, même l’Economie, exige que l’on ait une politique nationale. Les principales idées que l’Etat doit dire, par exemple, que nous, dans cinq ans, voilà comment on va gérer les déchets chez nous. Nous n’avons pas cette politique ! On va encore vérifier avant le 28 les textes. Depuis 2013, que l’on avait proposé un texte au temps du gouvernement-là, on n’a jamais entériné ce texte. Ca n’a jamais été une ordonnance. On n’a jamais signé un arrêté par rapport à ça, donc, tous les efforts faits que nous remercions beaucoup, en passant, ça aidé tant soit peu mais, si c’était venu sur une base juridique, sur une fondation, ça allait produire des effets, ça allait maintenir les acquis. Et voilà ! Les acquis sont tombés parce qu’il n’y a pas la fondation. Tout cet argent a été dilapidé comme ça. Qui est responsable ? On ne sait pas !

Ol. M : Peut-on espérer qu’à l’issue de cette conférence-débat sur les déchets, on pourrait s’attendre à plus de conscience considérable, avec une planification plus exacte sur cette question cruciale de l’Environnement de la ville ?

Prof. P.A.N : Oui ! Mais, la prise de conscience est déjà là ! Si nous reprenons les discours des campagnes, tous les candidats députés nationaux, tous les candidats députés provinciaux, candidats conseillers communaux de Kinshasa, tout le monde a parlé de l’assainissement. C’est-à-dire que la conscience est là ! Maintenant qu’ils sont aux affaires, pour ceux qui ont été élus, nous devons prendre le taureau par les cornes, passer par notre orgueil de congolais, notre fierté, notre dignité, que l’on passe à des actions concrètes, ça sera pour nous une conférence réussie.

Ol. M : Quel message adressez-vous à l’état, aux acteurs politiques et services concernés par l’Environnement ainsi qu’au congolais lambda qui a des comportements qui ne correspondent pas à la faveur d’un environnement de qualité ?

Prof. P.A. N : Pour le Pouvoir politique en général, je vais lui montrer les chiffres d’affaires qui se perdent par an en ayant un mauvais système d’assainissement. On perd des millions de dollars rien que pour la ville de Kinshasa annuellement, sans parler de ce qui se passe à l’intérieur de nos provinces !  Pour l’acteur politique, c’est pour venir participer à redresser le pays. Il ne peut le faire que s’il a l’argent ! Mais, il y a une fuite incroyable de milliers de dollars dans les services de l’assainissement. S’ils se décident de saisir le taureau par les cornes, grâce à cette conférence-débat sur les déchets, le changement climatique, ils gagneront beaucoup d’argent, ils diminueront le chômage, le chômage des jeunes dans chaque quartier, dans chaque commune de notre ville ! Ca peut-être l’une des solutions pour lutter contre les Kuluna. On peut les occuper grâce à l’assainissement de la capitale qui est immense. Et les ressources ne sont pas limitées ! L’assainissement même va générer de l’argent. Aux hommes d’affaires, je dis que c’est le moment de se réveiller pour faire un autre business ; créer de nouvelles unités de production dans la gestion des déchets depuis le ramassage, sa production jusqu’au niveau de sa transformation en énergie ou bien en engrais, n’est-ce-pas, pour composter les sols. La chaîne est longue. Beaucoup d’hommes d’affaires peuvent se retrouver là-dedans. Au citoyen lambda, ce que je dis : Si tu n’as pas honte d’appartenir à une ville sale, ne venez pas ! Mais tous ceux qui ont honte, qui ont un dégout de la saleté, tous ceux qui n’acceptent plus comment notre ville a pu en arriver là, je sais qu’ils connaissent que nous qui vivons à Kinshasa, nous sommes un peuple fier de nous-même ! Un peuple fier de nous-même, c’est-à-dire, nous devons tout faire pour emboîter les pas ensemble avec les autorités, la Fédération des Entreprises du Congo, FEC, les entrepreneurs, nous souder les mains dans les quartiers pour que notre ville retrouve sa dignité, que chacun retrouve aussi l’honneur et la fierté d’être congolais chez lui.

Ol. M : On vous remercie, Professeur Pierre Albert Ngueliele ;

Prof. P.A. N : Je vous en prie, cher journaliste.

Propos recueillis par Guy ILUNGA KABAMBA.

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