Élection bureau du Sénat RDC : Union Sacrée, tout peut basculer
Politique nationale.
Élection bureau du Sénat RDC : Union Sacrée, tout peut basculer.
Jamais autant de confusion n’a régné autour d’une élection pour les différents postes du bureau définitif d’une des deux chambres du parlement depuis des décennies.

On l’aurait facilement justifié s’il n’avait pas été question des défis au sein d’une union d’alliés politiques.

Apparemment, ils sont tous très loin d’avoir trouvé des compromis politiques pour chacun des postes à pourvoir, de la présidence à la questure.Pour resumer. Aucune consigne n’est officiellement prise en compte comme mot d’ordre à suivre, à la veille de l’élection.Les membres de l’Union sacrée de la nation (USN) restent à couteaux tirés face aux visées éparpillées vers le bureau définitif du sénat.

Malgré deux reports de l’élection, des réunions secrètes et connues, les choses sont restées telles qu’elles étaient au départ, seulement, avec plus de frustrations et de malaises perceptibles et visibles mêmes.
On imagine l’impact de la déchéance du coordonnateur principal de l’Union Sacrée de la Nation, USN, et secrétaire général de l’UDPS, Augustin Kabuya Tshilumba, le dimanche 11 août à Sainte Anne, sur les tractations en cours ! Ce sont des rebondissements défavorables à un climat d’entente politique familiale.

On a appris que certains alliés de l’Union ont carrément rejeté tout compromis pour imposer leur candidat avec ou sans l’aval de la majorité. La confiance n’a plus cours. Que le meilleur gagne, pourra-t-on dire.

Les désaccords sont si forts, à tous les niveaux des alliances et des compositions qu’il existe même des rivalités et rébellions au sein de certains partis qui auraient de la peine à rallier les partisans sur une candidature représentative. Plusieurs cas de figure surprenent beaucoup dans les faits, lorsque l’on s’interroge pourquoi a-t-on remplacé le sénateur Jean Bamanisa Saidi par la sénatrice Françoise Bemba, sœur du président national du MLC, jean pierre Bemba, pour le poste de rapporteur ?
Pourquoi L’honorable Christophe Lutundula a-t-il retiré sa candidature au poste de premier vice-président alors que l’on a senti, au départ, sa volonté ?

Comment se fait-il que le président de la République, Autorité Morale de la majorité et de l’UDPS, a mis sa préférence pour un candidat qui n’est pas de l’UDPS, sa formation politique ?
Pourquoi est-ce que la candidature du sénateur Afani Idrissa Mangala, déposée et qui répond au nom du parti n’est pas retirée pour respecter le choix du Chef ?

Pourquoi l’UNC de Vital Kamerhe a-t-elle déposé la candidature de l’honorable Eustache Muhanzi Mubembe pour la deuxième Vice-présidence alors que le sénateur Modeste Bahati Lukwebo est publiquement présenté comme le ticket de l’Union Sacrée de la Nation ?

Essayons de réfléchir sur chacun des cas précités pour, peut-être, démêler des vérités et significations qui échappent à un simple entendement.
On a compris, tout au début, dans l’UDPS, les avis partagés contre le choix de l’ex premier ministre, L’honorable sénateur Jean Michel Sama Lukonde, parce qu’il n’était pas du parti historique et qu’il fallait impérativement un membre du premier parti présidentiel.

On a failli presque tomber dans un procès de tribalisme. Cependant, on a vécu la bagarre au palais du peuple pour ceux de l’Udps qui étaient contre le candidat présenté comme celui de leur propre parti au profit d’un troisième candidat, membre d’un parti allié comme Sama Lukonde mais, originaire de la province du Kasaï Oriental, pourtant élu à l’équateur !

Les choses prennent, à cette tournure des choses, une dimension presqu’insensée des revendications et contestations. Faut-il essentiellement quelqu’un, à la fois, de l’UDPS et Kasaïen, de la même province que le chef de l’État, comme l’aurait bien fait, L’honorable Roger Tshisekedi Ilunga !? Nous avons suivi les menaces des extrémistes de l’Udps qui sont allés jusqu’à menacer le chef de l’État pour exprimer leur ferme désaccord au choix de l’ancien premier ministre, pourtant favori.

Du poste de la première Vice-présidence, c’est l’incertitude complète autour du soutien à la candidature du sénateur José Kalala Wa Kalala de l’Udps qui bénéficiait de la garantie de n’avoir aucun adversaire avant l’entrée en lice de l’honorable Lutundula lequel, malgré son désistement, laisse comprendre que les secousses persistent et sont perçues différemment.

Les contours demeurent flous. Par contre, à la deuxième Vice-présidence du sénat, l’adversité contre laquelle, L’honorable ancien président du sénat, modeste Bahati Lukwebo, est confrontée, découvre une véritable bataille entre deux ressortissants de la même province du Sud-Kivu.

D’après des bruits de couloirs, l’UNC de Vital Kamerhe n’est pas disposée à retirer la candidature de son poulain en revanche du refus de l’honorable Modeste Bahati Lukwebo, d’avoir retirée la sienne au profit de Vital Kamerhe au poste de président de l’Assemblée nationale, lors des primaires de l’Union Sacrée de la Nation ! C’est de bonne rancune mais, c’est un risque maximum pour l’équilibre des forces sœurs que sont l’AFDC-a et l’UNC et la dynamique tribale dans la province du Sud-Kivu qui sera divisée par deux de ses fils.

Pour la suite, on est un peu gêné de revoir des mêmes profils revenir dans la course comme déterminés par des égos qui s’oublient et font fi d’une opinion publique qui désavoue.

Enfin, le même vertige des conflits d’intérêts se poursuit au sein des forces internes de l’Union Sacrée de la Nation plus hétéroclite que jamais mais, le seul cas susceptible de retenir plus d’attention et d’une considération exceptionnelle car, à lui tout seul, il peut ternir davantage le tableau final de cette élection: L’attribution du poste de rapporteur adjoint du sénat qui devrait appartenir à l’opposition, suivant l’image et la logique à l’Assemblée nationale.

Seulement il faut compter avec Jean-Claude Baende qui n’entend pas faire un cadeau à Salomon Idi Kalonda d’Ensemble de Moïse Katumbi, le seul parti d’opposition qui a des sénateurs.

Au delà des contingences partisanes des partis politiques, une donne plus caractéristique et essentielle dans les enjeux, est à relever dans toutes les questions de pouvoir en RDC : la représentativité de la géopolitique locale pour le positionnement et l’équilibrage des provinces, quand bien même, il n’y a pas de quoi en tenir compte ! C’est un grand défaut qui anéantit la méritocratie qui, elle, ne dépend que de l’expertise avérée.
Terminons par cette observation.
La boulimie de la majorité présidentielle doit se modérer sinon, une indigestion dûe, aux multiples dragées amères accumulées, va créer une nouvelle longue maladie dont l’issue pourrait lui être fatale.

La rédaction.
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