Sénégal. Ousmane Sonko, l’homme rompu aux méandres politiques.
Les dernières informations de l’actualité politique à Dakar renseignent que le Conseil constitutionnel sénégalais a pris l’option de ne pas traiter le recours déposé par l’opposition contre la réintégration de l’enfant terrible de la scène politique sénégalaise : Ousmane Sonko au désormais ex Premier ministre, à l’Assemblée nationale où il y avait gagné un siège. Rétablir le mandat législatif de Sonko était dénoncé comme un coup d’État institutionnel qui relève d’une violation du règlement intérieur de l’Assemblée nationale sénégalaise.

Le Conseil constitutionnel sénégalais, en se déclarant incompétent, démontre la délicatesse du cas du leader du Pastef, son parti politique. Le recours de l’opposition porte un sens très clair : Barrer la perspective de voir cet acteur particulièrement dynamique se servir de ce statut législatif pour l’avenir. Quelques jours seulement après avoir été limogé de son poste de Premier ministre, Ousmane Sonko, charismatique leader des Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), largement majoritaire au Parlement, avait été réintégré au sein de l’Assemblée avant d’être élu au perchoir.

Son élection avait été contestée par l’opposition, qui estimait que sa réintégration sur les bancs de l’hémicycle constituait une violation du règlement intérieur et a dénoncé un « coup d’État institutionnel ».
Pour rappel, empêché de briguer la présidentielle de mars 2024, sous le régime de Macky Sall, détenu en prison et condamné, Ousmane Sonko était devenu Premier ministre en avril 2024 après la victoire de son bras droit, Bassirou Diomaye Faye, à la présidence de la République.

Les calculs de poids électoral, sur la balance des tendances et du veto, penchent plus et à juste titre pour Ousmane Sonko avec, en tête de liste, son parti politique, le Pastef et alliés qui ont raflé le ¾ de la majorité parlementaire. Avec 130 sièges de députés sur 165 lors des élections législatives de novembre 2024, même s’il avait renoncé à son mandat parlementaire pour rester chef du gouvernement, il détient l’influence et des faveurs d’impacter le climat politique du Sénégal.

Entretemps, pour la fronde de l’opposition politique sénégalaise, pouvoir redevenir député impose une procédure édictée par le règlement intérieur et la loi électorale ; Ousmane Sonko, Premier Ministre limogé par son bras-droit, Diomaye Faye le Président de la république, aurait dû d’abord démissionner de ses fonctions de Premier ministre, pour siéger ne serait-ce que temporairement à l’Assemblée nationale avant de retourner au gouvernement. L’opposition tranche qu’ Ousmane Sonko, qui a déjà perdu son mandat de député ne peut plus le retrouver.

Wait and see ! Comme disent les britanniques ; sauf que, malgré l’opposition parlementaire minoritaire, la décision du Conseil constitutionnel de ne pas pouvoir traiter le recours engagé contre l’ex Premier ministre Ousmane Sonko, entérine le maintien du leader de Pastef à la tête de l’Assemblée nationale, d’où il pourrait exercer un contre-pouvoir face au président Bassirou Diomaye Faye qui retrouve cette fois un vieil allié en nouvel adversaire.
Olympus média RDC.
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