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Expertise ou débrouillardise : Pour Monsieur Papy LUKUSA, congolais de la Diaspora, résident en France

Expertise ou débrouillardise : Pour Monsieur Papy LUKUSA, congolais de la Diaspora, résident en France

EMPLOI ET DIASPORA

Expertise ou débrouillardise : Pour Monsieur Papy LUKUSA, congolais de la Diaspora, résident en France depuis deux décennies, actif dans les services d’intérim et entrepreneur, il est indispensable de procéder à des véritables formations pour renforcer les capacités du personnel congolais local.

L’expertise demeure un impératif pour produire un travail ou des services de qualité. Tant que l’amateurisme et la médiocrité domineront la routine socioprofessionnelle des congolais, rien de sérieux et d’utile ne sortiront même après des générations de travailleurs non qualifiés. 

Olympus médias RDC a rencontré ce compatriote animé du souci de professionnaliser le secteur des emplois journaliers et jugés, par erreur, comme des sous-emplois.

1000319362-485x1024 Expertise ou débrouillardise : Pour Monsieur Papy LUKUSA, congolais de la Diaspora, résident en France

Interview :

Olympus : Monsieur Papy LUKUSA, bonjour !

Papy LUKUSA : Bonjour, Olympus Médias RDC.

OL. : Vous êtes de retour au pays depuis quand et pourquoi exactement ?

P.L. : Revenu de Paris depuis quelques jours, je suis ici à Kinshasa pour assister au deuil de ma pauvre mère décédée.

OL. : On vous présente nos sincères condoléances.

P.L. : Merci.

OL. : Qu’est-ce qui a frappé votre curiosité à Kinshasa ?

P.L. : J’ai pas mal circulé dans la capitale ou j’ai visité des supermarchés, des centres commerciaux, des restaurants et hôtels pour me faire une idée, après tant d’années, des conditions de travail et façons de prester des congolais. Je vous assure qu’il y a de sérieux problèmes de personnel non qualifié un peu partout où je suis passé.

OL. : C’est-à-dire quoi exactement ?

P.L. : Imaginez que dans un centre commercial de la place et dont je tais le nom, j’ai remarqué que le personnel ne sait pas du tout accueillir la clientèle à l’entrée, dans les rayons, à la caisse et jusqu’à la sortie ! Moi, j’ai travaillé dans la vente. On m’a appris qu’il faut faire ressentir et croire au client qu’il est roi. Je l’ai pas senti ici ! Un peu partout, même dans les transports, le taximan vous met mal à l’aise. Imaginez que j’étais dans un restaurant où j’ai attendu une heure et demie pour voie venir quelqu’un vers moi pour me demander : « Monsieur, vous prenez quoi ? » 

C’est difficile à comprendre !

OL. : A votre avis, que faut-il faire pour remédier à cela ?

P.L. : Tout simplement. Il faut former les gens. Il faut les qualifier pour chaque service. Même en France, lorsqu’il y a des gens qui ne sont qualifiés, on les vire ou on les envoie en formation. Aussi, il faut apprendre à ces gens qu’il n’y a pas de sots métiers ! Ce n’est pas parce que tu es technicien de surface que tu n’es pas intelligent ! Fausse idée ! Je connais beaucoup de personnes en France qui vivent bien et sont très fières de çà. C’est pourquoi, ici en RDC, on doit former les gens qui font ce genre de services en leur inculquant que ce n’est pas du boulot de basse classe. Clairement, il faut changer les mentalités.

OL. : Comment voyez-vous la dynamisation des métiers et services en RDC ?

P.L. : Après 21 ans d’absence au pays, je n’ai pas vu des structures sur place qui s’occupent, comme en Europe, de prendre en charge l’encadrement de ces métiers dans leur technicité. S’il y en a, alors, il n’y a pas de sérieux. Pour moi, s’il faut que je monte une agence d’intérim pour livrer du personnel dans plusieurs entreprises, je veillerai à ce que le personnel soit qualifié à 100 %.

Je leur apprendrai comment un serveur doit se présenter, parler à la clientèle, comment recevoir ? Je suis passé par tous ces boulots en France ! A l’époque, il n’y avait pas de formation comme technicien de surface, comme caissier pour la vente ou dans la restauration où j’ai fait tout ça !

Je vous assure qu’il faut absolument une agence d’intérim qui recrute les gens à former pour travailler dans les hôtels V.I.P. où c’est la haute gamme. Avec une telle clientèle, à la moindre faute, tu es à la porte ! 

Comment se comporter est important. Apprendre à sourire même si tu n’en as pas envie. Ça incite le client, qui se sentira roi, de sortir son argent, de consommer, de dépenser ! Cette attitude doit faire partie du travail du personnel pour plus de bénéfices et être finalement bien payé.

OL. : Quelles autres catégories de métiers nécessitent des formations ?

P.L. : Le personnel domestique, autrement dit, de maison comme les femmes de chambre, etc. Il faut les former pour obtenir de ce personnel une meilleure qualité de service. Par exemple, dans l’hôtel où je suis ici, j’ai échangé avec le personnel qui nettoie ma chambre. C’est déplorable quant au traitement que ce personnel reçoit. Aussi, je regrette de voir des compatriotes de la diaspora qui reviennent au pays pour monter des entreprises et qui maltraitent ceux qui travaillent pour eux ici. 

OL. : Avez-vous songé à engager une formation de ces métiers dans l’avenir ?

P.L. : Je compte travailler avec l’église du Christ au Congo, E.C.C, via la direction du programme sécurité alimentaire de la commission Justice, Paix et Sauvegarde de la Création qui renforce déjà les capacités de plusieurs catégories de métiers. D’ailleurs, je souhaiterai qu’il y ait beaucoup d’autres encadrements des personnes dans la technicité de leurs services. Quand j’ai quitté la RDC en 2003, il n’y avait pas autant de monde que je vois aujourd’hui. Des structures comme celles de l’E.C.C. doivent prendre en charge, pour la qualification professionnelle, ce monde afin de leur apprendre les métiers. C’est donner déjà beaucoup à ces gens que de les former à quelques notions essentielles. J’ai suivi tout récemment à la télé que le Chef de l’état veut créer 6 millions d’emplois mais, c’est mieux que ces emplois soient réellement qualifiés.

OL. : Quel message adressez-vous à tous ces congolais qui n’ont pas de qualification pour un travail et à ceux qui ont un travail sans réelle qualification ?

P.L. : Mon conseil est qu’ils doivent se former pour mieux travailler. C’est ainsi qu’ils aimeront leur travail parce qu’ils l’auront maitrisé. Il faut, en plus, sortir de la tête, pour les kinois surtout qui aiment l’argent facile, genre : ‘’ Chance Eloko Pamba’’, que la chance pour gagner de l’argent, ça n’existe pas ! 

Il faut travailler, travailler bien ! C’est par là que l’on gagne sa vie. Le travail, c’est la garantie pour réussir, donc il faut sécuriser son emploi par une qualification des compétences sûres pour assurer son gagne-pain.

OL. : Merci, Monsieur Papy LUKUSA ;

P.L. : Je vous en prie.

Propos recueillis par Guy ILUNGA KABAMBA. 

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