Présence de Joseph Kabila à Goma, une équation à plusieurs inconnues pour l’opinion générale.
La crise politique intercongolosaise a atteint le summum de sa tourmente avec la présence à Goma, en terrain occupé par les rebelles de l’ex président de la république et sénateur à vie, Joseph Kabila.

C’est un nouveau tournant dans la crise à l’Est et dans les grands-lacs. Pour ne pas dire qu’il s’agit d’une position très engagée qui pourrait signifier beaucoup plus qu’il ne paraît comme légitimer la rébellion qui s’arroge d’un soutien de poids ou reçoit son leader ipso facto ?

A suivre, sa dernière sortie, Joseph Kabila a tenu parole.
Il a officiellement foulé la capitale du Nord-Kivu et semble prêt à en découdre avec le régime de son successeur, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.

L’ ex président et sénateur à vie, Joseph Kabila, pose là le premier acte purement politique depuis son exil. Il y a lieu de s’interroger sur le sens de sa démarche qui dénote d’une audace facile à traduire : C’est l’affrontement et la déclaration de guerre contre le régime en place avec lequel une alternance que l’on qualifiait de pacifique s’était opérée.

A ce stade, l’histoire est à revoir puisque la suite fausse complètement tout l’espoir que cette passation historique avait suscité.
Beaucoup de réalités échappent aux congolais lambda qui ne voient que la façade des acteurs politiques alors que le mal est profond et dramatique pour le présent comme pour l’avenir de notre démocratie qui vient de reculer encore plus bas de la case de départ à l’aube du 30 juin 1960.
Tout est à refaire !

Si Sun City avait jeté les bases d’une réconciliation nationale politique pour la refondation d’une démocratie classique ? La vérité : On a échoué !
Quel dommage !
On a échoué en interne et en externe au point que nous sommes la risée du monde entier.

Incapables de résoudre nos différends locaux, ce sont les étrangers qui s’activent à décider du mauvais sort que nous avons provoqués.
Les preuves de notre inconscience nationale sont légion et font mal dans l’opinion publique qui s’en recrie. Pour dire clairement, les réactions des politiques illustrent un désenchantement absolu pour le peuple congolais qui n’a plus aucune confiance en la classe politicienne.
Les dernières réactions des acteurs, jadis fervents collaborateurs de l’ex président et sénateur à vie, démontrent que nous sommes trop loin de vivre une véritable et solide réconciliation nationale même si le Dialogue intercongolais se tenait.

Les frustrations et rancunes ont dépassé le supportable parce qu’ils ont tous perdus la dignité, l’humanité, le mérite, la considération, la lucidité, le respect, la conscience, l’empathie pour renforcer l’égoïsme, la férocité, la malveillance, bref, les antivaleurs.
Qui l’eût cru, à un moment où il convient de mettre de l’eau dans son vin afin de détendre l’atmosphère entre les deux principaux protagonistes de cette crise: Félix Tshisekedi et Joseph Kabila, des personnalités comme Lambert Mende, André Atundu Liongo, Julien Paluku, Patrick Muyaya, Gentiny Ngobila Mbaka, … auraient vilipendé l’ancien Chef de l’État ?

Qui eût pensé que certains congolais et expatriés, assurés d’un statut d’intouchables, se seraient compromis à soutenir l’éloignement entre les deux qui ont sacrés la première alternance pacifique de notre pays, la république démocratique du Congo ?
Il est encore possible de sauver la situation sinon, c’est une catastrophe totale qui nous attend.
L’opposition parlementaire conduite par l’honorable député national, Christian Mwando Kabulo, a réaffirmé sa volonté de voir se tenir un dialogue intercongolais comme solution à la crise multiforme qui agite le pays.

La caravane de la CENCO-ECC qui oeuvre pour un Pacte Social a déjà, il faut le reconnaître, balisé un terrain propice pour ce faire.
Les évêques ont consulté tout le monde comme jamais personne d’autre ne l’a effectué. C’est une voie opportune pour démarrer un processus inclusif au fur et à mesure que les échanges vont se poursuivre sinon, les règlements se dérouleront dans des violences incurables.

Les éléments d’une implosion majeure sont en branle. A titre d’exemple, tout le monde jette à l’autre la responsabilité du chaos alors qu’il s’agit d’une culpabilité générale.

Le sommet de Kampala, que d’aucuns negligent, particulièrement les principaux protagonistes, aurait permis de freiner les tensions sur le terrain des opérations de déstabilisation interne. Les trêves sont continuellement violées, des arrestations se poursuivent, des emprisonnements sont ordonnés, des massacres orchestrés, en même temps, des deals faramineux sont conclus et, l’essentiel qui se résume par la Paix sociale se détériore davantage.

Il est temps d’écouter les alertes du CNSA de Joseph Olengankoy, de bien comprendre les humiliations de Thambo Mbeki, les atermoiements de Donald Trump, les sagesses d’Olesogun Obasanjo, les va-et-vient de la caravane CENCO-ECC, les douceurs de Faure Gnassingbé, les fureurs de Martin Fayulu et Franck Diongo, les vérités du Dr Dénis Mukwege, les plaintes de Mbusa Nyamuisi, ainsi de suite, faire taire les courtisans et béni Oui-Oui qui n’ont aucun horizon pour l’intérêt général en dehors de l’exil, en cas de naufrage.




Conclusion.
Les consultations menées par Joseph Kabila en territoire conquis ne sont pas une promenade de santé.

C’est une initiative qui risque de rompre l’unité nationale et entraîner un déchirement capable de produire plusieurs défections et fractures dans notre souveraineté nationale avec des répercussions incalculables pour la postérité.

Vivement l’apaisement et le dépassement des égos !
Comprennes qui pourra !
La rédaction.
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