Mentors et dauphins en politique congolaise, qui doit à qui?
Politique nationale.
C’est un véritable paradoxe des valeurs comme la gratitude, la reconnaissance, l’hommage, le remerciement et l’honneur qui sont remis en question dans l’univers des politiciens congolais en général.

Il fut un temps qu’il n’y avait qu’un seul leader politique en République démocratique du Congo. C’était l’époque du Zaïre. Joseph-désiré Mobutu incarnait, dans sa dictature, le symbole du Chef, du père de la nation, du président-fondateur, de qui tout dépendait et on devait lui témoigner publiquement et à haute voix toute la gratitude, lui adresser des remerciements vivaces, lui démontrer reconnaissance et loyauté.

On a dansé pour lui, transformé des chants traditionnels pour le glorifier, réécrit des cantiques religieux pour le vénérer comme un demi-dieu.Les hommages pleuvaient sur le Leader, le Guide au nom de sa pensée unique. Bien que c’était des thuriféraires, ces flatteries se justifiaient sur les faits et avantages accordés par le président de la république dans ses précieuses ordonnances.

S’il les méritait, Mobutu les accepter sans réserve car, il mettait la main à la pâte pour se modeler l’image et les capacités du véritable grand Chef et unique maître.
C’était le passé. Une époque. La dictature. Ne pas s’y conformer constituait un acte de rébellion contre l’autorité. Des sanctions très graves intervenaient.

Aujourd’hui, nous sommes en plein exercice de la démocratie en République démocratique du Congo. Les congolais aiment flirter avec le pouvoir qui apporte beaucoup de privilèges. Pour y parvenir, comme à l’époque de Mobutu, on flatte, on loue, on caresse dans le sens du poil pour obtenir ce que l’on vise à obtenir de la part du Chef en exercice.

A la différence de la période ancienne, actuellement, on peut aussi faire l’inverse pour arriver à ses fins. On peut insulter, critiquer sec, diffamer et dénigrer le numéro 1 de tout le pays pour attirer son attention. Voilà toute la différence !

Le respect, les égards et la considération envers l’autorité établie ne sont plus des vertus citoyennes, ce sont des sentiments de circonstances dépendant de la tournure des évènements. La distance entre l’irrespect et le respect se mesure sur un quart de tour comme la reconnaissance et l’ingratitude sont côte-à-côte! Soit on respecte en vantant, soit on dénigre en injuriant. Les faisceaux de ces sentiments opposés se fondent les uns dans les autres sur la façade d’un seul individu congolais capable de les afficher parfaitement. C’est pourquoi il existe des acteurs politiques congolais qui ont tellement retournés leurs vestes que les coutures ont craquées.

C’est le cas du même paradoxe dans l’univers des partis politiques. On respecte le président du parti pour entrer dans ses bonnes grâces. Dès que l’on a obtenu ce que l’on visait, à son tour, on forme sa propre cour. Le président à qui l’on doit sa promotion commence à faire de l’ombre avant de devenir un adversaire. C’est ainsi que la plupart des présidents des partis politiques finissent par rencontrer des dissidences animés par des dauphins ambitieux ou mécontents qui finissent par monter leurs propres mouvements en recrutant dans les mêmes reserves du parti initial.

Combien de partis politiques, à cause de ce genre de turbulences, se sont subdivisés ou dissous. Les dissidents sont devenus des présidents, à leur tour. La reconnaissance et la gratitude d’antan s’est transformé en antagonisme, adversité et réticence partagés. La loyauté, au vrai sens du terme, est une denrée rare aujourd’hui. La majorité des autorités morales et présidents des partis et regroupements politiques ont été sous les ordres d’un chef qu’ils ont trahi ou quitté pour une question de pouvoir.

Cela illustre le désespoir du peuple congolais pris en otage par cette classe politique paralysée par l’intensité des compromissions et l’exploitation des antivaleurs morales considérées comme des stratégies et artifices de positionnement politique.

Les mentors ne sont plus que des tremplins utilisés par leurs propres pions pour les détrôner. Les leaders ouvrent des perspectives que les lieutenants vont investir et s’en approprier. La fin justifie les moyens.
Les seconds couteaux ne pensent que se servir des premiers couteaux pour grimper et, finalement déchirer la complémentarité, poignarder dans le dos leurs prédécesseurs, tuer une succession utile, lacérer la continuité de l’élan au lancement, bref, rompre cette liaison des forces que les athlètes parviennent à réaliser et produire dans les merveilleuses courses de relais en se passant le bâton.

De cette dissolution des valeurs, il n’y a point d’espoir de conquérir les buts du grand pays à genoux qu’est la République démocratique du Congo.
Ce qui est regrettable.
La rédaction.
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