Parlement : Christian Mwando exige un budget 2025 conséquent en faveur des provinces et des entités de base.
Parlement : Christian Mwando exige un budget 2025 conséquent en faveur des provinces et des entités de base.
Le député national et homme politique proche de moise katumbi, l’honorable Christian Mwando Nsimba Kabulo, président du Groupe parlementaire de l’opposition « Ensemble » s’est exprimé devant la presse sur la question de la répartition du budget de l’État en RDC.

Ayant vécu les réalités du Congo profond, notamment lors de ses vacances parlementaires, dans son fief électoral de Moba, dans la province de Tanganyika, Christian Mwando n’a pas hesité de plaider d’abord pour la prise en compte par le Gouvernement central des problèmes dont font face les congolais vivant dans l’arrière-pays.

« La première solution aux problèmes des congolais vivant dans le Congo profond, c’est effectivement la décentralisation. Nous avons l’impression, aujourd’hui, que Kinshasa a repris la gestion centralisée de l’ensemble du pays mais, Kinshasa ne gère que pour Kinshasa.
« La République de la Gombe est vraiment en marche » a-t-il dit.

L’intérieur du pays est totalement abandonné. Sous le prétexte que les provinces n’ont pas la capacité de gestion, tout l’argent se consomme à Kinshasa, avec les dépenses inutiles, dans des voyages et dans des manifestations budgetivores comme les Jeux de la Francophonie. Et, on nous a annoncé dernièrement le projet de construction d’un nouveau siège du Parlement.

Des dépenses qui n’ont rien à voir avec l’intérêt des congolais », a-t-il fait remarquer, tout en décrivant l’état d’abandon dans lequel se trouve l’intérieur du pays.

« Les routes sont quasi inexistantes dans l’arrière-pays. Le territoire de Moba, par exemple, et dans comme tous les autres territoires que j’ai visités, il n’y a aucune route en bon état. A la prochaine saison de pluie, tout va être coupé.
Et quand vous regardez l’exécution du budget de développement rural, on a exécuté que les rubriques relatives aux salaires et, bien entendu, les 300 millions qu’on a décaissés pour les forages à Kinshasa.

Vous voyez qu’on est à côté des priorités. Je pense qu’il y a une grande irresponsabilité au niveau de Kinshasa. Il faut que l’argent des provinces rentre dans les provinces et que l’argent des ETD rentre aux ETD, pour espérer qu’il y ait quand-même un développement, à un même rythme, sur toute l’étendue de la République Démocratique du Congo », a indiqué ce haut cadre du parti Ensemble.
Étant donné que les deux chambres du Parlement sont en pleine session budgétaire de septembre, Christian Mwando n’a pas manqué de se prononcer sur les priorités à prendre en compte dans le budget de l’État pour l’exercice 2025.

« La première priorité, la priorité absolue, c’est la sécurité. Vous n’êtes sans ignorer que Kinshasa est devenu invivable, avec les Kulunas ainsi que les Mobondo, qui sèment la terreur.
Et, il faut rappeler qu’à Lubumbashi, ça fait deux ans qu’un couvre-feu a été décrété, tous les jours, à partir de 22 heures.
Dans la ville de Kalemie, c’est chaque jour que les criminels entrent dans les maisons de gens, malgré les efforts du nouveau Gouverneur. Tout cela est dû, à mon avis, au fait que les forces de sécurité sont aussi mal payées et mal équipées.
La deuxième grande priorité, c’est le désenclavement de l’arrière-pays. Aujourd’hui, le Gouvernement doit se concentrer sur les grands projets. Est-ce qu’on ne peut pas, par exemple, sur les 18 milliards de dollars de budget de l’État, allouer 1 milliard pour la réhabilitation du chemin de fer, sur l’ensemble du territoire national ?
Est-ce qu’on ne peut pas donner aux provinces de l’argent pour les travaux de cantonage manuel des routes de desserte agricole, pour que les routes assurant la jonction entre les provinces, les territoires et les villes soient aménagées ? », a-t-il suggéré.

Sans langue de bois, le président de l’unique groupe parlementaire de la chambre basse du Parlement, Christian Mwando, a également évoqué la question de la mauvaise affectation des ressources de l’État. A ce sujet, il s’est prononcé pour la réduction drastique des dépenses institutionnelles , la suppression des dépenses farfelues et de prestige, afin d’allouer un budget conséquent aux provinces et aux secteurs sociaux de base.
« Primo, la première dépense qui est vraiment inutile et qui énerve aujourd’hui tous les congolais, c’est d’abord celle relative aux voyages du Président de la République, des membres du Gouvernement et des institutions de la République. Vous vous rendez compte qu’aujourd’hui, à peine 8 mois après son élection, le Chef de l’État a déjà fait plus de 30 voyages à l’extérieur du pays, avec des centaines, des milliers de personnes. On a même vu des gens des Forces du Progrès à New-York. Cela veut dire qu’on est en train de s’amuser inutilement avec l’argent de l’État !
Secundo, il faut supprimer toutes ces dépenses de prestige comme celles liées à la construction des stades, des bâtiments comme ceux du Centre financier, qui ont coûté des centaines de millions de dollars et qui ont été inaugurés inachevés », a-t-il suggéré.

Pour l’élu du territoire de Moba, dans la province de Tanganyika, les dépenses les plus importantes, ce sont celles relatives à la desserte de la population en eau, à l’électricité, à l’enseignement et aux soins médicaux. C’est ça que le peuple attend, en plus de la sécurité.
Et puis, il y a l’agriculture, qui est négligée. Tenez, dans la reddition des comptes 2023, rien n’a été payé pour le secteur de l’agriculture. La diversification de l’économie n’est qu’un slogan. L’électricité pose également problème. Est-ce que l’on peut créer des industries sans électricité.

Et l’eau, n’en parlons pas. Partout où je suis passé, chez moi, les gens ont des problèmes d’eau potable », a martelé l’ancien Ministre national du plan, Christian Mwando, qui fait des préoccupations de la population congolaise son cheval de bataille.
La rédaction.
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